Marseille, Evry : nouvelles manifestations de policiers

Marseille, Evry : nouvelles manifestations de policiers
À Marseille, une centaine d'agents se sont rassemblés sur le Vieux-Port

, publié le mercredi 19 octobre 2016 à 08h03

La colère ne retombe pas dans la police. Vingt-quatre heures après la manifestation surprise sur les Champs-Elysées de plusieurs centaines d'agents des forces de l'ordre, de nombreux policiers sont restés mobilisés dans la nuit de mardi à mercredi.

Quelque 400 d'entre eux ont pris part à un rassemblement à Evry où le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone a reçu les chefs de brigade et de brigade anticriminalité (BAC) de l'Essonne, d'où étaient partis de nombreux manifestants la veille. Le patron de la police a essuyé de nombreux sifflets et huées lorsqu'il est reparti en voiture, la foule scandant des slogans appelant à sa démission. Il avait déclaré la veille que la "police des polices" (IGPN) allait enquêter sur "les manquements individuels aux règles statutaires".

Plusieurs dizaines de policiers se sont encore rassemblés devant l'hôpital Saint-Louis à Paris, où est soigné l'agent grièvement blessé lors de l'attaque au cocktail Molotov du 8 octobre à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, qui a exacerbé la colère des policiers.

À Marseille, une centaine de policiers se sont rassemblés dans la nuit de mardi à mercredi à bord de leurs véhicules de service, gyrophares allumés, sur le Vieux-Port.


Les policiers, en grande majorité de la police nationale, ont stationné leurs véhicules, au nombre d'une quarantaine, sur une zone piétonnière en bas de la Canebière vers 1h du matin. Le mouvement n'est pas organisé par un syndicat, il est "spontané" a déclaré un manifestant. Les policiers se sont ensuite rassemblés face à la mer et ont observé une minute de silence avant de regagner leurs voitures et de s'en aller dans le calme une demi-heure plus tard.

JUPPÉ "COMPREND PARFAITEMENT L'ÉTAT D'ESPRIT DES POLICIERS"

Du côté politique, les réactions se sont multipliées. S'il a admis "comprendre" "l'exaspération" que les policiers manifestent, Bernard Cazeneuve a toutefois lancé à la tribune du Sénat que "défiler avec des voitures de police et des gyrophares (...) n'est pas conforme à ce qu'est la déontologie de la police dans la République".

Ce mardi matin, Alain Juppé a dit "comprendre parfaitement l'état d'esprit des policiers". "Les actes de violence ne sont jamais de bonnes manifestations, mais je comprends parfaitement l'état d'esprit de nos policiers aujourd'hui". "Assurer l'ordre public et la sécurité suppose d'abord une volonté politique et une autorité respectée. Or aujourd'hui l'autorité de l'État n'est plus respectée", a déclaré sur France 2 le favori à la primaire de la droite et du centre.

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