Marine Le Pen veut "réveiller" les Français sur l'insécurité

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La présidente du  Rassemblement national (RN)Marine Le Pen, le 6 septembre 2020 à Fréjus (Var)
La présidente du Rassemblement national (RN)Marine Le Pen, le 6 septembre 2020 à Fréjus (Var)
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© AFP, Valery HACHE

, publié le dimanche 06 septembre 2020 à 16h15

"Français réveillez vous!": c'est avec ce slogan que Marine Le Pen compte faire campagne sur l'insécurité dimanche à Fréjus (Var), un thème qui lui est cher et lui permet d'éreinter la droite, très offensive sur le sujet, pour occuper tout l'espace politique face à Emmanuel Macron.

Partie très tôt, dès janvier, dans la course à l'Elysée, la présidente du Rassemblement national tient son discours de rentrée à 15H00 devant un public réduit aux élus et à la presse, coronavirus oblige.

Marine Le Pen s'est réjouie samedi soir d'une "vraie prise de conscience de l'ensauvagement" de la société, utilisant un terme controversé qu'elle a l'habitude d'employer, repris cet été par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et par plusieurs leaders de la droite.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti avait dénoncé à cet égard une "surenchère populiste", expliquant que la France n'était "pas un coupe-gorge".

"La bataille idéologique, ça fait des années qu'on l'a gagnée. Ce qu'on attend c'est la victoire politique", a souligné Marine Le Pen samedi.

Mais la dirigeante d'extrême droite renvoie dos-à-dos la droite --Nicolas Sarkozy surtout-- et le gouvernement, qui n'ont "rien fait". "L'heure est au réveil des Français pour changer de politique parce que finalement les politiques menées depuis 30 ans amènent à la même absence totale de résultats", a abondé dimanche Sébastien Chenu, porte-parole du RN, sur BFMTV.

- "Gauchisante" -

La candidate à l'Elysée n'aura donc pas besoin d'en rajouter sur le plan sémantique, son conseiller Philippe Olivier promettant même un ton "modéré".

La finaliste de la présidentielle de 2017, qui se considère plus légitime sur la revendication d'ordre, a invité dimanche sur TF1 les électeurs de la droite et les opposants à Emmanuel Macron à la "rejoindre" pour 2022, fustigeant un parti LR en "porosité idéologique" avec le chef de l'Etat.

Elle a promis à cet égard de "lever certaines ambiguïtés" quand les électeurs de droite "croient que le programme économique du RN est le même" que celui de la France insoumise, même si elle défend toujours la retraite à 60 ans avec 40 annuités.

Le maire de Béziers Robert Ménard, élu avec le soutien du RN, estime à cet égard dans Le Point que Marine Le Pen n'est "pas en position de gagner" en 2022 parce qu'elle tient des "analyses très gauchisantes" proches de Jean-Luc Mélenchon.

Le député LFI Eric Coquerel a lui critiqué sur la forme le slogan du RN. Il le juge "à côté de la plaque" puisque, à ses yeux, Marine Le Pen et son parti "dorment depuis le début du Covid" sans "aucune proposition, action, intervention à l'Assemblée ou ailleurs".

- A la trace -

La cheffe du RN va aussi "réveiller" les Français sur la crise sanitaire --sur laquelle elle a publié un Livre noir-- et économique. Elle a pointé samedi des "trous énormes" dans le plan de relance, jugeant "dérisoire" la place accordée aux relocalisations et insuffisantes les mesures en faveur des TPE-PME, représentative d'un électorat qui lui a manqué en 2017.

Marine Le Pen entend ainsi occuper tout l'espace politique pour affronter à nouveau Emmanuel Macron, même si les Français sont 68% à ne pas souhaiter ce duel, selon l'Ifop.

Il s'agit aussi pour elle de ranimer ses troupes, après des municipales décevantes, pour les sénatoriales, départementales et régionales à venir.

Mais la cheffe du RN, comme le numéro 2 du parti Jordan Bardella, ne se présentera pas aux régionales et "réfléchit" toujours à laisser les rênes du parti pour se consacrer à la présidentielle.

Elle suit déjà Emmanuel Macron à la trace, célébrant comme lui, dans une vidéo aux accents présidentiels, le 150e anniversaire de la République vendredi.

Si sa patronne est déjà en route vers 2022, le RN lui n'affiche pas le même élan qu'avant la dernière présidentielle, de l'aveu de plusieurs élus.

Le parti, en difficulté financière, visé par une enquête et en manque d'adhérents, "est devenu squelettique" et il y a un "malaise profond sur le terrain", rapporte l'un d'eux, notamment depuis la mise à l'écart de membres de la commission nationale d'investiture proches de l'ancienne députée Marion Maréchal.

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