Marine Le Pen réclame une "législation de guerre" contre l'islamisme

Marine Le Pen réclame une "législation de guerre" contre l'islamisme
La présidente du RN Marine Le Pen s'exprime le 19 octobre 2020 lors d'une conférence de presse à Nanterre

, publié le lundi 19 octobre 2020 à 12h52

Marine Le Pen a réclamé lundi une "législation de guerre" contre l'islamisme, qui s'inscrit à ses yeux dans une "stratégie de reconquête" républicaine et pas seulement "d'endiguement", après la décapitation d'un enseignant qui avait montré des caricatures de Mahomet.

"L'islamisme est une idéologie belliqueuse dont le moyen de conquête est le terrorisme. Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre", a asséné la présidente du Rassemblement national dans une allocution solennelle au siège de son parti à Nanterre.

"Face à une force organisée et déjà installée, prosélyte et conquérante, notre président n'a proposé qu'une insuffisante et anachronique stratégie d'endiguement. La situation appelle une stratégie de reconquête", qui repose "sur trois piliers: la restauration de l'État, la réaffirmation de la République, l'unité de la nation", a estimé la candidate à la présidentielle.

Quelques heures auparavant, Marine Le Pen s'était rendue à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour déposer une gerbe devant le collège de l'enseignant décapité vendredi. Aucun responsable du RN n'a participé aux manifestations dimanche en son hommage, estimant en avoir "un peu marre de la +politique de la bougie+".

La dirigeante d'extrême droite a réclamé une "législation d'exception" qui "sera conforme à l'Etat de droit", "dirigée contre les terroristes" et qui "n'affectera aucunement les libertés publiques", avec des "procédures policières et judiciaires spécifiques", une "possibilité de surveillance étendue" et un "régime carcéral spécifique".

Refusant toute "complaisance directe ou indirecte de l'administration", Marine Le Pen a souhaité de nouveau un "renforcement des moyens de police nationale et municipale comme de la gendarmerie", une "évolution de la légitime défense", un "armement obligatoire des polices municipales", le "renforcement des moyens de justice" et la "création de centres pénitentiaires adaptés".

Elle a réclamé "un moratoire immédiat sur l'immigration et sur les naturalisations", estimant que "la politique migratoire nourrit le communautarisme, terreau de l'islamisme", et redemandé une "réforme du code de la nationalité".

"Aucun étranger fiché S pour islamisme, en situation régulière ou irrégulière, ne doit pouvoir rester en France", a-t-elle insisté. "Un binational fiché S pour islamisme doit être déchu de sa nationalité et renvoyé. Un Français fiché S pour islamisme doit être poursuivi pour intelligence avec l'ennemi, condamné et incarcéré".

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