Marine Le Pen en quête de crédibilité pour 2022

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Marine Le Pen, présidente du RN, présente ses voeux à la presse, le 16 janvier 2020 à Nanterre, près de Paris
Marine Le Pen, présidente du RN, présente ses voeux à la presse, le 16 janvier 2020 à Nanterre, près de Paris
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© AFP, GERARD JULIEN

, publié le jeudi 16 janvier 2020 à 19h20

La campagne des municipales à peine lancée, Marine Le Pen se prépare déjà à la présidentielle de 2022, désireuse de ne pas répéter les erreurs qui lui avaient valu en 2017 des procès en incompétence.

"Nous sommes entrés dans une phase pré-présidentielle" et "ma décision a été réfléchie mais elle est prise. Mon projet est d'aller vers un projet d'unité nationale (...), de grande alternance pour remettre le pays sur pied", a déclaré jeudi lors de ses vœux à la presse la présidente du Rassemblement national, qui avait déjà dit vouloir être candidate. 

Mme Le Pen a expliqué que "depuis un an", elle s'était "mise en retrait, non pas des élections mais de la joute électorale pure, du combat immédiat, pour privilégier la réflexion de fond" et préparer son projet qui "forgera l'ossature du rassemblement au-delà de notre famille politique".

Cet "éloignement", la finaliste de la présidentielle en 2017 le justifie par "l'exigence". "Les Français n'accorderont leur confiance qu'à la condition de la compétence", fait valoir Mme Le Pen, qui avait été accusée par ses opposants d'incompétence après son débat raté face à Emmanuel Macron entre les deux tours de 2017. "Nous devons impérativement être à la hauteur de la tâche", a-t-elle insisté. 

Le politologue Jean-Yves Camus voit dans ces propos un "aveu d'insuffisance". Il rappelle qu'outre le débat du 3 mai 2017 avec Emmanuel Macron "mal préparé et mal conduit", qui avait déçu beaucoup de militants et généré une baisse des adhésions, Marine Le Pen "a un déficit de crédibilité sur sa future équipe" gouvernementale.

A cet égard Marine Le Pen a promis à l'automne qu'elle présenterait pendant sa campagne les "profils d'un certain nombre de personnes" à qui elle souhaiterait "confier des responsabilités".

Elle a évoqué aussi jeudi les travaux du mystérieux groupe des Horaces, qui réunit des "compétences techniques et administratives de haut niveau" et seront amenés à "exercer le pouvoir". Elle présentera à cet égard plusieurs livres blancs, dont le premier portera sur la sécurité, priorité des mairies RN, avant la fraude sociale et la transition énergétique.

- "Nouvelle élite" -

La députée du Pas-de-Calais a assuré également que les élections municipales feraient émerger une "nouvelle élite issue du peuple". 

Pour cette campagne, Marine Le Pen compte sur "deux jambes", celle du parti et de son ancrage, qu'elle veut consolider aux élections intermédiaires (municipales, départementales, régionales) et celle de la "société civile" et des "experts".

En lançant son parti dimanche dans la campagne des élections municipales, elle a d'ailleurs vanté le bilan de la dizaine de villes tenues par le RN, qui sont la preuve à ses yeux que le RN peut accéder au pouvoir.

Elle a encore justifié sa candidature, qui doit encore être validée par son parti lors d'un congrès en 2021, par le fait qu'Emmanuel Macron était déjà parti en campagne et que les grands sujets d'actualité, tels que les +gilets jaunes+ ou les retraites, "seraient les grands sujets de l'élection présidentielle".

La dirigeante d'extrême droite avait affirmé en octobre qu'elle était "prête à faire le job" qu'Emmanuel Macron "ne fait pas", après avoir un temps émis des doutes sur son "envie" réelle de se présenter pour la troisième fois à une présidentielle.

Jeudi, elle a même évoqué... 2027. Interrogée pour savoir si la campagne de 2022 serait sa dernière, la future candidate a répondu qu'il "va bien falloir que je me présente à ma réélection".

Interrogée sur les difficultés financières de son parti, aggravées par des décisions de justice, Marine Le Pen a évoqué un nouvel appel aux dons à l'adresse non seulement de ses adhérents mais de ses "électeurs".

Comme pour les européennes, Marine Le Pen compte privilégier pour la présidentielle les petits meetings, moins coûteux, plutôt que les rassemblements géants.

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