Marche blanche contre l'antisémitisme : le président du Crif menace Jean-Luc Mélenchon de procès après des "propos haineux"

Marche blanche contre l'antisémitisme : le président du Crif menace Jean-Luc Mélenchon de procès après des "propos haineux"
Jean-Luc Melenchon, Clementine Autain et Adrien Quatennens à la marche blanche contre l'antisémitisme à Paris le 28 mars 2018.

Orange avec AFP, publié le jeudi 05 avril 2018 à 17h26

Le président du Crif exige des excuses de la part de jean-Luc Mélenchon. En cause, les propos du leader de la France insoumise sur son blog après la marche blanche contre l'antisémitisme.

Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a menacé jeudi 5 avril d'un procès le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Il lui reproche des "propos haineux" après la marche blanche contre l'antisémitisme.

Contraint de quitter le cortège organisé le 28 mars en hommage à Mireille Knoll, octogénaire juive tuée à Paris le 23 mars, Jean-Luc Mélenchon a mis en cause l'attitude du Crif et de "son bras armé de la LDJ", la Ligue de défense juive, groupe extrémiste anti-arabe qui avait revendiqué "l'expulsion" du député LFI.

"Des propos haineux"

"Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l'antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites", avait asséné Jean-Luc Mélenchon lundi sur son blog.

Dans une réponse écrite publiée sur le site internet du Crif, Francis Kalifat dénonce les "propos haineux" du dirigeant des Insoumis, qui "ne peuvent pas rester sans réponse". "Je ne peux laisser dire que le Crif 'aurait une milice' ; que cette milice ferait sa loi dans l'espace public et que cette loi et cette milice s'imposeraient à la police nationale 'abandonnée de ses chefs'...", dénonce Francis Kalifat. 

"Je n'entends pas tolérer pareille abjection"

"Tout à son emportement, Jean-Luc Mélenchon me prête ainsi qu'au Crif, la responsabilité de l'antisémitisme. Ni plus ni moins. Dans un pays où l'on tue des juifs, cette grande conscience républicaine explique doctement que la faute ultime reposerait sur les représentants de la communauté juive, aux premiers rangs desquelles le Crif. Je n'entends pas tolérer pareille abjection, comparable à celle qui fait porter à la femme violée la responsabilité de ce qu'elle a subi", prévient le président de l'instance de représentation politique de la communauté juive organisée.

"Compte tenu de la gravité de ses propos, j'exige en mon nom et au nom du Crif les excuses qui s'imposent de la part de Monsieur Mélenchon", poursuit Francis Kalifat, qui ajoute: "A défaut, je réclamerai justice à son encontre et un jugement sera rendu".

Dans un tweet publié jeudi après-midi, Jean-Luc Mélenchon contre-attaque et dénonce "l'incroyable arrogance" du président du Crif "désavoué par l'opinion et officiellement par l'Assemblée nationale", et son "pitoyable esprit de revanche". 

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.