Manifestions contre l'extension du pass sanitaire : "une frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire", pour Gabriel Attal

Manifestions contre l'extension du pass sanitaire : "une frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire", pour Gabriel Attal
Des manifestants à Nantes le 17 juillet 2021.

publié le lundi 19 juillet 2021 à 07h59

"Il faut être clair : dorénavant, c'est soit la vaccination générale, soit le tsunami viral", a averti le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dans une interview au Parisien

Faut-il les discréditer les anti-vaccins ou tout faire pour tenter de les convaincre ? Face à une mobilisation plus forte qu'attendue, le gouvernement se retrouve au défi de convaincre les hésitants mais garde aussi l'oeil sur les adversaires les plus radicaux du pass sanitaire, dont la virulence inquiète certains élus. Le ministère de l'Intérieur a recensé samedi 17 juillet 136 rassemblements qui ont réuni 114.000 personnes, dont 18.000 à Paris, pour protester contre l'extension du pass sanitaire et la "dictature" qu'elle représente pour certains. 



Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qualifie ces manifestants anti-vaccins de "frange capricieuse et défaitiste", dimanche dans une interview au journal Le Parisien. "Il y a une France laborieuse et volontariste, qui veut mettre le virus derrière elle et travailler.

Elle est largement majoritaire. Et puis il y a une frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l'inactivité", dénonce le porte-parole du gouvernement.




Quant à ceux qui dénoncent une atteinte aux libertés individuelles : "Ce qui exacerberait les tensions, ce serait de refermer des lieux à tous les Français car une petite minorité ne veut pas du vaccin. Je m'étonne d'entendre Monsieur Bellamy (eurodéputé LR) et Madame Le Pen (présidente du Rassemblement national) se faire les apôtres de la liberté individuelle, alors que les mêmes s'opposent au droit des femmes à disposer de leur corps pour l'avortement et défendent des régimes autoritaires comme la Pologne ou la Hongrie qui interdisent des zones d'accès aux LGBT. En France, on parle juste de mettre en place un code QR à l'entrée d'un restaurant pour maintenir des libertés collectives...", défend Gabriel Attal.

Vendredi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait dénoncé de son côté vendredi l'opposition d'une "ultra-minorité" contre l'extension du pass sanitaire, regrettant "l'outrance permanente" de ces opposants, qui avancent des choses "totalement délirantes".

La majorité des Français en faveur des nouvelles mesures

Juste après le discours du président lundi, plus de 1,7 million de rendez-vous ont été pris pour une vaccination en 24 heures, sur le seul site Doctolib. L'exécutif veut convaincre les indécis. "Il faut être clair : dorénavant, c'est soit la vaccination générale, soit le tsunami viral, il n'y a pas d'alternative. (...) J'appelle chacun des 37 millions de vaccinés à nous y aider, dans son cercle familial, amical ou professionnel, en convainquant ceux qui hésitent encore à se faire vacciner", a ajouté Gabriel Attal.  

Une large majorité de Français (76 %) approuve la décision du chef de l'Etat de rendre obligatoire la vaccination pour les personnels soignants et d'autres professions, avec sanctions à la clef, selon un sondage Elabe pour BFMTV mardi. L'extension du pass sanitaire (vaccination complète ou test négatif récent) recueille aussi une majorité d'approbations, qui varie de 58 % à 76 % suivant les lieux concernés.

La comparaison avec la Shoah dénoncée 

Samedi à Paris, en tête du défilé figuraient l'ex-numéro 2 du Front national Florian Philippot, la députée ex-LREM covidosceptique Martine Wonner, le chanteur Francis Lalanne ou encore l'ex-égérie "gilets jaunes" Jacline Mouraud. "Non au pass nazitaire", "fausse pandémie, vraie dictature", "Pays de Pasteur, pas de passepeur" ou "Je ne suis pas un QR code", pouvait-on lire sur les pancartes du cortège, tandis qu'étaient visibles quelques tracts détournant l'étoile jaune avec la mention "pass sanitaire".Une utilisation d'un symbole de l'oppression des juifs par les nazis insupportable pour de nombreux hommes politiques.

Ainsi, si le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a estimé que le vaccin obligatoire semblait être une "mesure disproportionnée", il a toutefois souligné que l'opposition au pass vaccinal ne devait pas s'exprimer "avec des termes tout à fait inappropriés. Non, le vaccin librement consenti n'est pas un apartheid et sa diffusion ce n'est pas la Shoah", a-t-il dit. "Comparer le #PassSanitaire avec la #Shoah ou l'étoile jaune est complètement dégueulasse. Certains deviennent fous !", a pour sa part twitté Robert Menard, maire de Béziers proche du RN.

La députée Wonner exclue de son groupe parlementaire

Quant à l'appel de la députée Wonner aux manifestants contre le pass sanitaire à "faire le siège des parlementaires" et "envahir leurs permanences", il a poussé le patron des députés LREM Christophe Castaner à souhaiter la saisine de la justice, tandis que des membres du groupe parlementaire Libertés et Territoires ont demandé dimanche son départ de leurs rangs. Gérald Darmanin avait, dès vendredi soir, donné instruction aux préfets de renforcer la protection des élus. Le même jour, une quinzaine de manifestants anti-vaccins avaient envahi la permanence du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) à Châteaulin (Finistère), avant d'être mis en fuite par une patrouille de gendarmerie

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