Manifestations: Mélenchon juge les syndicats de police "indignes", Abad s'inquiète d'une "haine antiflics"

Chargement en cours
Jean-Luc Mélenchon, le 6 juin 2020 à Marseille
Jean-Luc Mélenchon, le 6 juin 2020 à Marseille
1/2
© AFP, Christophe SIMON

, publié le samedi 06 juin 2020 à 18h27

Le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a dénoncé samedi le comportement "indigne" des syndicats de police, le patron des Républicains à l'Assemblée nationale, Damien Abad, s'inquiétant lui d'une "haine antiflics", alors que des manifestations contre les violences policières se sont tenues dans plusieurs villes.

"Les syndicats de police se comportent d'une manière indigne", a déclaré le leader de la France Insoumise lors d'une conférence de presse à Marseille.

"On a besoin de policiers républicains, et en effet il y a des policiers républicains et heureusement pour nous tous. Il y en a plein à la police, mais ceux-là ils souffrent", a ajouté le député des Bouches-du-Rhône.

"Ce n'était pas comme ça il y a encore une période récente", a-t-il poursuivi, estimant que "la racine de tout ça, c'est un pouvoir politique qui est dans la main des syndicats de police qui font ce qu'ils veulent". 

"Et pourquoi le font-il ?: parce que dans la période +gilets jaunes+, ce sont eux qui ont tenu à bout de bras la survie du régime. Et depuis cette date, M. Castaner leur dit +oui+ à tout ce qu'ils disent et à tout ce qu'ils font et est incapable d'avoir de l'autorité", a-t-il estimé.

M. Mélenchon a également critiqué la Garde des Sceaux "qui ne fait rien" ou qui appelle à des "consignes d'injustice et de sévérité pour les peines qui ont été prononcées contre les +gilets jaunes+".

M. Abad a lui jugé sur Europe 1 qu'il n'y avait "pas de racisme systémique, au sens de l'organisation par la police ou par la gendarmerie d'un racisme institutionnalisé et organisé. Par contre, la police, comme d'ailleurs dans tous les autres corps de métiers, n'échappe pas à certains individus qui effectivement présentent une expression raciste".

"Ce qui m'inquiète, c'est cette fracture qu'il y a dans la société française, avec ce double risque, ce double écueil: d'un côté, cette haine antiflics qui va poser beaucoup de problèmes en termes de sécurité et de maintien de l'ordre public, et de l'autre, effectivement des excès dans ce qui peut parfois être des dérives individuelles sur des formes de racisme qui sont tout à fait inacceptables", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris sur des messages racistes attribués à des forces de l'ordre sur Facebook, il a estimé qu'il fallait "d'abord de la pédagogie et ensuite de la sanction".

"Si les faits sont avérés", les policiers mis en cause devront "s'expliquer" devant le conseil disciplinaire "sur un certain nombre de propos", a-t-il ajouté.

L'onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux Etats-Unis continuait de se propager samedi dans le monde. En France, des manifestations contre les violences policières se sont tenues dans plusieurs villes malgré les restrictions sanitaires et des interdictions.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.