Manifestations, grèves... Nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail

Manifestations, grèves... Nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail
Des manifestants contre la loi Travail le 17 mai 2016 à Montpellier.

, publié le jeudi 19 mai 2016 à 08h40

- Cette septième journée de contestation, et la deuxième de la semaine, s'inscrit dans un contexte tendu. -

François Hollande a prévenu mardi : "Je ne céderai pas" sur le projet de loi, fruit d'un "compromis" et d'un "équilibre".

Face à la fermeté du président, les opposants à la loi Travail maintiennent la pression ce jeudi 19 mai avec la suite des grèves à la SNCF ou chez les routiers, et de nouvelles manifestations.

Pour les syndicats qui jugent le texte trop favorable aux entreprises et peu protecteur pour les salariés, le "retrait" reste d'actualité, comme au premier jour de la mobilisation, le 9 mars. "L'opinion publique soutient ce mouvement social en continuant d'affirmer très majoritairement son opposition à ce projet de loi synonyme de reculs sans précédents", relèvent la CGT, FO, Solidaires, la FSU, l'Unef, la FIDL et l'UNL. "La mobilisation, loin de faiblir, va se poursuivre et s'amplifier jusqu'au retrait du projet de loi Travail et l'ouverture de véritables négociations pour l'obtention de droits nouveaux pour tous les salariés", assurent-elles. À Paris, le cortège s'ébranlera à 14h de la place de la Nation en direction de la place d'Italie.

Alors que des débordements ont à nouveau eu lieu à Paris et en région lors des précédentes manifestations contre le projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri ou encore lors de la manifestation des policiers mercredi contre la "haine anti-flics", les services d'ordre des syndicats vont venir en nombre et équipés de "matériel varié", selon une source syndicale, pour encadrer ce cortège. Fait inédit depuis le début de la mobilisation en mars, mardi certains étaient armés de bâtons et matraques pour répondre aux casseurs. Ils ont été conspués par les manifestants aux cris de "SO collabo". Le préfet de police de Paris Michel Cadot a mis en garde les syndicats. Il est "inquiétant" et "pas souhaitable" que les SO aient sur eux des matraques ou des bâtons, a-t-il dit.

GRÈVES

Parallèlement, des grèves de routiers et de cheminots, entamées en début de semaine, vont appuyer le mouvement, comme en Rhône-Alpes où une première action était organisée à Chambéry. Le trafic SNCF doit rester perturbé comme la veille sur certaines lignes. Un appel à la grève des contrôleurs aériens devrait légèrement affecter le trafic jeudi. La Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes d'annuler préventivement 15% de leurs vols à Orly. En fin de journée, une intersyndicale doit fixer une nouvelle date de mobilisation.

Le point sur les perturbations :

• SNCF

La SNCF prévoit en moyenne un TER sur deux en circulation mercredi et jeudi, 40% des Intercités, deux TGV sur trois et, en Île-de-France, 6 Transiliens sur 10 et 3 RER sur 4. La ligne B du RER sera la moins touchée avec 4 trains sur 5, tandis que la ligne E tournera au ralenti avec 50% des trains. La prévision est de 2 trains sur 3 pour les RER A, C et D. La grève sera aussi particulièrement visible sur les lignes Transilien P (1 train sur 3), L, R, U et J (1 train sur 2).

Le mouvement à l'initiative de la CGT-Cheminots et SUD-rail, vise à peser sur les négociations autour du futur cadre social des cheminots, actuellement en discussion au niveau de la SNCF et de la branche. Il s'inscrit également dans la contestation du projet de loi travail.

• Sur les routes

Dans l'Ouest, plusieurs barrages filtrants ont été mis en place à Rennes, dont un sur un axe d'accès à un dépôt pétrolier, un autre à Nantes. Dans la région du Havre, la mobilisation a pris de l'ampleur : deux raffineries étaient bloquées dans la matinée et la pénurie de carburants gagne. Dans le centre-ville, des pneus brûlaient. À Cherbourg, de premiers barrages ont été mis en place.

Dans le Sud-Ouest, des manifestants bloquaient aussi les entrées du centre de fret de Mouguerre (Pyrénées-Atlantiques) et l'accès à l'aéroport de Blagnac à Toulouse a été fermé.

• Aéroports

15% des vols étaient annulés ce jeudi à Orly, en raison d'un appel à la grève de l'Usac-CGT contre la réforme du droit du travail. "Des perturbations sont attendues sur l'ensemble du territoire", a indiqué la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC). L'Usac-CGT, premier syndicat tous corps confondus (contrôleurs aériens, personnels administratifs, ingénieurs, techniciens, etc.), a appelé les agents de la DGAC à protester "contre le passage en force du gouvernement" sur la loi travail.

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