Manifestations contre le pass sanitaire : le risque de la radicalisation

Manifestations contre le pass sanitaire : le risque de la radicalisation
Des manifestants contre le pass sanitaire samedi 17 juillet.

publié le mardi 20 juillet 2021 à 11h15

Les renseignements territoriaux alertent dans une note datée du 19 juillet d'un risque de radicalisation du mouvement contre l'extension du pass sanitaire. 

Une continuité du mouvement des Gilets jaunes ? Selon un rapport des renseignements territoriaux, que plusieurs médias ont pu consulter, le mouvement contre l'extension du pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour les soignants pourrait se radicaliser. "À l'instar de ce qui s'est passé durant la crise des Gilets jaunes, plus le conflit durera plus le risque est grand que les plus déterminés et les radicalisés parviennent à prendre le contrôle", explique la note datée du 19 juillet, rapporte Le Parisien.




Après les annonces d'Emmanuel Macron sur les nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du Covid-19, un durcissement des positions chez les sceptiques du vaccin et les opposants aux mesures plus contraignantes, a été observé par les services de renseignements français.

Dès l'automne 2018 et durant de longs mois, le mouvement des Gilets jaunes avaient rassemblé des milliers de manifestants chaque samedi. Les renseignements territoriaux constatent que les appels à la mobilisation se font cette fois encore via les réseaux sociaux, parfois même par des anciennes figures des Gilets jaunes, comme Eric Drouet, Maxime Nicolle ou encore Jérôme Rodrigues. =1em"On est là pour les revendications des 'Gilets jaunes' et les restrictions des libertés", a déclaré ce dernier à l'AFP. 

Un sentiment anti-gouvernemental

Qui sont ses opposants à l'extension du pass sanitaire ? Dans les rangs des manifestants, les RT notent "la présence massive de personnels soignants ou se disant l'être" - concernés par l'obligation vaccinale -  "de professions issues du milieu culturel", et "de la restauration" - concernées par l'extension du pass sanitaire.




Le mouvement, qui dénonce des lois liberticides, est traversé par un profond sentiment anti-gouvernemental, rapporte Le Parisien. Samedi 17 juillet, 120 0000 manifestants ont défilé dans toute la France pour dénoncer "une dictature sanitaire", "un apartheid entre vaccinés et non-vaccinés". Les renseignements territoriaux craignent de voir ces manifestants "perdre le contrôle des cortèges au profit de groupuscules extrêmes souvent très bien organisés". Comme ce fut parfois le cas lors de la crise des Gilets jaunes. 

Pour Vincent Martigny, professeur de Sciences politiques à l'Université de Nice, les manifestants étaient "en moyenne moins diplômés que la population générale". "Ils ont un rapport avec la politique basé sur la colère, qui s'exprime soit par l'abstention ou un vote pour un parti antisystème", analyse-t-il auprès de l'AFP.

Un basculement dans la violence ? 

"114.000 manifestants, ce n'est pas rien", reconnaît auprès de l'AFP une source proche du gouvernement, qui s'inquiète d'une montée en puissance du mouvement qu'elle compare à "un magma".  Dans l'Isère et dans les Pyrénées-Atlantiques, des centres de vaccination ont été vandalisés et incendiés dans le week-end. La permanence du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) à Châteaulin (Finistère) a été envahie vendredi par une quinzaine de manifestants antivaccins. Il a par ailleurs porté plainte à la suite de menaces de mort reçues par des députés. 

Pour un cadre du renseignement, "il y a incontestablement plusieurs centaines de personnes qui peuvent basculer dans la violence, sans qu'elles soient forcément connues comme appartenant à des groupuscules ultra". "Ce qui les anime, c'est la colère, une frustration individuelle et une défiance extrême à l'égard de tout ce qui porte la marque de l'État". Comment les repérer ? Sur les réseaux sociaux, "la difficulté (...) est de détecter ceux qui vont réellement avoir recours à la violence parmi les milliers de messages ultra violents".

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