Manifestations contre la loi sur la sécurité globale : des incendies et des dégradations à Paris

Manifestations contre la loi sur la sécurité globale : des incendies et des dégradations à Paris
Des policiers repoussés par les flammes à Paris, le 5 décembre 2020, à l'occasion de la manifestation contre la loi Sécurité globale.

publié le samedi 05 décembre 2020 à 16h45

Les appels au calme lancés par Emmanuel Macron lors de son intervention vendredi 4 décembre sont restés lettre mort. De grosses dégradations ont été constatées en marge du cortège contre la loi sur la sécurité globale.

Les images sont désormais bien connues, et elles ont à nouveau émaillé la manifestation contre la loi sécurité globale, samedi 5 décembre à Paris. 


De sérieux incidents ont éclaté lors de cette marche organisée par les opposants à la proposition de loi. Des voitures ont notamment été incendiées le long du parcours, a constaté un journaliste de l'AFP. 


Plus d'une heure trente après le départ du cortège parisien, des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes. Au moins six voitures et un camion stationnées le long de l'avenue Gambetta, dans le 20e arrondissement, ont été incendiées et plusieurs vitrines de banques et agences immobilières ont été endommagées par des casseurs, vêtus de noir et très mobiles.  Des feux sporadiques ont été allumés le long du parcours de la manifestation et des barricades sommaires ont été érigées. Pour permettre l'intervention des pompiers, les forces de l'ordre ont scindé en deux la tête de cortège, composée de quelque 4 à 500 personnes parmi lesquelles des "gilets jaunes" et des militants "antifascistes", selon un journaliste de l'AFP présent sur place. 
 A 16h30, vingt-deux personnes avaient été interpellées, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui a évoqué sur son compte Twitter des "individus très violents". Au total, près de 90 rassemblements étaient annoncés par les organisateurs en France. Initialement prévue comme un rassemblement syndical contre la précarité, traditionnellement organisé par la CGT le premier samedi de décembre, la journée a vu s'agréger la contestation contre les violences policières et la proposition de loi sécurité globale.
 Le texte est accusé par ses détracteurs de porter atteinte "à la liberté de la presse, à la liberté d'expression et à la liberté de manifester", et aussi d'instaurer "des outils de surveillance de masse". La défiance à son encontre a été renforcée par le passage à tabac filmé du producteur de musique Michel Zecler par des policiers, le 21 novembre.
Une concession
 "Aujourd'hui on s'associe aux salariés et chômeurs parce qu'alors que la crise sanitaire a des conséquences économiques sans précédent, on se demande pourquoi légiférer dans le dos des citoyens alors que l'urgence est ailleurs", a déclaré dans la manifestation parisienne Emmanuel Poupard, secrétaire général du SNJ. 
 De nombreuses organisations de journalistes ont rejoint, avec des associations et des syndicats, les rangs de la "coordination #StopLoiSécuritéGlobale" déjà à l'origine samedi dernier de "marches" qui avaient fortement mobilisé dans le pays: entre 133.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur et 500.000 selon les organisateurs.
 Le gouvernement n'a à ce jour annoncé qu'une concession: la réécriture de l'article 24, le plus polémique, encadrant l'image des policiers. La coordination réclame son retrait pur et simple, avec les articles 21 et 22 du texte, et conteste le "nouveau schéma national du maintien de l'ordre (SNMO)" qui limite la couverture médiatique des manifestations.
 Accusé de multiplier les mesures "liberticides", Emmanuel Macron s'est adressé directement aux jeunes, très présents dans les manifestations, dans un entretien au média en ligne Brut vendredi. "Je ne peux pas laisser dire qu'on réduit les libertés en France", a affirmé le président de la République. "C'est un grand mensonge. On n'est pas la Hongrie ou la Turquie."

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