Manifestation féministe à Paris : des élus et des militantes dénoncent des violences policières

Manifestation féministe à Paris : des élus et des militantes dénoncent des violences policières
Des manifestants mobilisés lors de la journée internationale des droits des femmes, à Paris, le 8 mars 2019.

, publié le dimanche 08 mars 2020 à 14h45

Samedi soir, une marche "pour un féminisme populaire antiraciste" a réuni quelques milliers de personnes dans les rues de Paris. La situation s'est tendue en fin de parcours et neuf personnes ont été interpellées.  

"Dérive autoritaire et violente", "images indignes de violences policières absolument injustifiables", "violences inadmissibles et incompréhensibles"... Plusieurs élus et associations féministes se sont émus dimanche 8 mars de "violences policières" en marge d'une manifestation "féministe et antiraciste" organisée samedi soir à Paris. 



"Je suis atterrée de voir que le ministère de l'Intérieur a choisi de déployer des moyens pour réprimer les femmes plutôt que de renforcer les moyens de lutte contre les violences machistes", s'est indignée sur Twitter la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert, rappelant que "le féminisme n'a jamais tué personne le machisme lui tue tous les 2 jours dans notre pays". "Des féministes ont été frappées par les forces de l'ordre alors qu'elles manifestaient - notamment - contre les violences sexuelles", s'est émue de son côté la militante Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.



La maire de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, s'est dite "choquée" par des "violences inadmissibles et incompréhensibles", et a fait part sur Twitter de son "soutien aux manifestantes et manifestants". Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a fustigé quant à lui des "violences policières absolument injustifiables".



Le porte-parole du PCF Ian Brossat a dénoncé de son côté des "manifestantes nassées, violentées..." "Le gouvernement aurait-il trouvé une manière toute particulière de célébrer le 8 Mars à l'occasion de la marchefeministe ?", interroge-t-il sur Twitter. Le chef de file des insoumis Jean-Luc Mélenchon a estimé que la France était "humiliée par ses matraques".



Selon une source policière, la manifestation qui réunissait "plusieurs milliers de personnes" a donné lieu à des "dégradations" et des "tentatives de départ en cortèges sauvages". Juste avant d'arriver place de République, certaines manifestantes se sont allongées et quelque 200 ont scandé des slogans anti-police, a précisé cette source. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser le cortège place de la République, a enfin expliqué cette source.

Neuf personnes ont été interpellées selon la préfecture de police de Paris : six pour participation à un regroupement, une pour outrage, rébellion et jets de projectiles, et deux pour outrage et rébellion.

Selon la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner "a demandé un rapport à la préfecture de police sur ce qui s'est passé en marge de la marche féministe". "Toutes les femmes doivent pouvoir manifester pacifiquement pour faire respecter leurs droits", a-t-elle ajouté sur Twitter.



Cette "marche nocturne", "pour un féminisme populaire antiraciste" était organisée par des collectifs militants distincts de ceux ayant appelé à la marche des "Grandes gagnantes" prévue dimanche après-midi. Il s'agissait d'une manifestation "non mixte", c'est-à-dire réservée aux femmes ou aux transsexuelles, selon l'appel publié sur le site internet paris.demosphere.net.
 

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