Manifestation contre le pass sanitaire : la femme brandissant une pancarte antisémite interpellée

Manifestation contre le pass sanitaire : la femme brandissant une pancarte antisémite interpellée
(illustration)

publié le lundi 09 août 2021 à 13h59

Le parquet de Metz avait ouvert une enquête sur une "pancarte au message manifestement antisémite", tandis que de nombreuses personnalités politiques avaient fait part de leur indignation.

Elle brandissait une pancarte affublée des noms de plusieurs personnalités juives : enseignante, ex-membre du Front national et ancienne élue locale une femme ayant participé samedi à une manifestation contre le pass sanitaire à Metz, a été interpellée lundi 9 août à Hombourg-Haut, une petite commune de Moselle, a-t-on appris de source policière.

Confirmant son statut d'enseignante, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'elle sera "suspendue en attendant les suites disciplinaires". "Sur le plan pénal, le recteur saisit le procureur", a ajouté le ministre.


Selon la préfecture de la Moselle, le domicile de l'enseignante, Cassandre Fristot, a été perquisitionné lundi matin. "La police regarde si l'on trouve dans son logement de quoi expliquer ou conforter la présomption d'antisémitisme", a précisé la préfecture, interrogée par l'AFP.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui avait dénoncé dimanche une pancarte "abjecte" et promis que ce geste ne resterait pas "impuni", a lui-même annoncé lundi sur Twitter l'interpellation de la jeune femme. 

Le parquet de Metz avait ouvert dimanche une enquête de flagrance sur cette "pancarte au message manifestement antisémite", selon la préfecture.

Les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d'affaires et intellectuels, dont la plupart sont juifs, y étaient désignés à la vindicte populaire.

Élue d'opposition au conseil municipal de Hombourg-Haut de 2014 à 2020 et ex-candidate FN aux législatives de 2012, Cassandre Fristot avait été brièvement cheffe de cabinet en 2013 de Louis Aliot, alors vice-président du Front National (devenu RN), avant d'être remerciée et de quitter le parti.

Sur la pancarte, les noms encadrent le slogan: "Mais qui ?" Celui-ci est apparu à la suite d'un entretien accordé en juin sur la chaîne CNEWS d'un général à la retraite, Daniel Delawarde, signataire d'une tribune évoquant "le délitement" de la France publiée par l'hebdomadaire Valeurs actuelles. À la question "qui contrôle la 'meute médiatique'?" et après plusieurs relances, il avait répondu "la communauté que vous connaissez bien", avant d'être coupé par le présentateur, Jean-Marc Morandini.


Plusieurs responsables politiques ont fait part de leur indignation et des associations de lutte contre les discriminations envisagent des actions en justice.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a annoncé dimanche à l'AFP son intention de porter plainte et SOS Racisme a dit "étudier" la possibilité de poursuites judiciaires. Sur Twitter, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, a annoncé une plainte.

"L'antisémitisme a tué hier et tue encore aujourd'hui. L'antisémitisme n'est pas une opinion. C'est un délit, qui doit être condamné systématiquement", a renchéri, toujours sur Twitter la ministre déléguée à l'Égalité, Élisabeth Moreno. Le maire de Metz, François Grosdidier (LR), s'est dit "outré, scandalisé, mais hélas pas surpris", dénonçant un "mélange (de) tous les refus dans une convergence des extrêmes et dans un magma populiste et antisémite". L'ambassade d'Israël en France s'est dite "épouvantée d'une telle expression de la haine antisémite la plus abjecte".

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