Manifestation contre la loi Travail : violents affrontements à Paris, 58 interpellations

Manifestation contre la loi Travail : violents affrontements à Paris, 58 interpellations
Affrontements entre policiers et manifestants contre la loi Travail le 14 juin 2016 à Paris.

, publié le mardi 14 juin 2016 à 21h24

- La manifestation contre la loi travail a une nouvelle fois donné lieu, ce mardi à Paris, à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Il y a eu au moins 58 interpellations dans la capitale.

11 manifestants et 29 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon un bilan provisoire. -

La 9e journée de mobilisation contre le projet de loi sur le code du travail a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Paris (un million, selon la CGT, FO et Solidaires, 80.000 selon la police). Le rassemblement a une nouvelle fois été perturbé par des fauteurs de trouble. Les heurts entre plusieurs centaines de personnes encagoulées et les forces de police ont commencé rapidement après le début du cortège parti de la place d'Italie. 58 personnes ont été interpellées, a indiqué la préfecture de police, qui avait appelé sur Twitter les manifestants à se "désolidariser des casseurs pour faciliter l'intervention des forces de l'ordre".

L'HÔPITAL NECKER-ENFANTS MALADES VANDALISÉ

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dénoncé les "postures", "propos" et "affiches" qui mettent en cause les forces de l'ordre, après les incidents en marge de la manifestation et au lendemain du meurtre d'un policier et de sa compagne dans une attaque jihadiste. La manifestation a donné lieu à de nombreuses dégradations. L'hôpital Necker, situé dans le 15e arrondissement à Paris et spécialisé dans la prise en charge des enfants malades, a été vandalisé par les manifestants. Quinze baies vitrées ont été brisées ou cassées, selon l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui a porté plainte.


La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a également dénoncé sur le réseau social une "attaque insupportable de casseurs" contre l'hôpital pédiatrique. "Honteux", a-t-elle déclaré, apportant son "soutien aux professionnels de santé mobilisés auprès des patients".

Dans le secteur de Port-Royal, des "individus sont entrés sur un chantier pour prendre des palettes avant de les jeter sur les forces de l'ordre", qui ont dû intervenir, d'après la préfecture. Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et chargé les manifestants qui leur lançaient des projectiles au cri de "Paris, debout, soulève-toi !" ou encore "tout le monde déteste la police". Au moins 11 manifestants ont été blessés ainsi que 29 membres des forces de l'ordre.


"ON N'A JAMAIS VU L'UTILISATION DU CANON À EAU, C'EST FOU"

Plusieurs vitrines de commerces et de banques ont été brisées ainsi que des abribus et des panneaux publicitaires, notamment sur le boulevard Montparnasse. D'après Marc Bettinelli, journaliste au journal Le Monde, l'air était devenu irrespirable au milieu du cortège en milieu d'après-midi en raison des gaz lacrymogènes.

Fait rare, la police a utilisé un canon à eau pour disperser la foule près du carrefour Duroc, non loin des Invalides. "Le canon à eau a été utilisé" sur la place Léon-Paul Fargue pour "permettre aux forces de l'ordre qui étaient prises à partie depuis plusieurs minutes de se dégager", d'après une porte-parole de la préfecture. "On n'a jamais vu l'utilisation du canon à eau c'est fou", s'étonne un retraité. Aux CRS qui avancent sur les côtés du cortège, un homme hurle "Gestapo!". Les forces de l'ordre font également usage de grenades de désencerclement. C'est ce type d'arme "non létale" qui avait grièvement blessé à la tête Romain Dussaux, 28 ans, le 26 mai dernier.

Depuis le 31 mars, la réforme sur le code du travail est au cœur d'une vive contestation, parfois violente. À l'Assemblée nationale, Bernard Cazeneuve s'est exprimé sur les débordements ce mardi 14 juin : "j'appelle tous ceux qui sont dans la violence à retrouver un peu d'humanité !" a déclaré le ministre de l'Intérieur. Les syndicats contestataires, qui refusaient de voir cette journée comme "un baroud d'honneur", ont annoncé au total 1,3 million de participants aux différents cortèges. Les autorités parlent eux d'au moins 125.000 manifestants et de 73 interpellations dans toute la France.

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