Manifestante blessée à Nice : "Quand on est fragile, on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", assure Emmanuel Macron

Manifestante blessée à Nice : "Quand on est fragile, on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", assure Emmanuel Macron
Emmanuel Macron le 22 mars 2019 à Paris.

Orange avec AFP, publié le lundi 25 mars 2019 à 07h46

Le chef de l'État a souhaité "un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse" à la manifestante blessée à Nice lors du rassemblement des "gilets jaunes" samedi. Des propos jugés "grossiers et indélicats" par l'avocat de la famille de la manifestante, Me Arié Alimi.

Emmanuel Macron a souhaité "un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse" à la militante d'Attac grièvement blessée lors d'une manifestation interdite à Nice, dans un entretien avec Nice-Matin publié lundi 25 mars.

Cette manifestante septuagénaire a été grièvement blessée à la tête samedi lors d'une manifestation des "gilets jaunes". Une enquête a été ouverte dimanche, sa famille a annoncé son intention de porter plainte ce lundi contre les policiers et le préfet. 



"Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable", a déclaré le président de la République à propos de Geneviève Legay, 73 ans. "Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse", a-t-il ajouté.

Le soutien du président aux policiers 

"Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", tout en soulignant que "cette dame n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre". Emmanuel Macron a assuré que la décision de "définir des périmètres d'interdiction" était devenue "nécessaire" et avait "été mise en oeuvre avec professionnalisme et mesure à Nice".


"Ça suffit de taper sur la police ! Il y avait une interdiction de manifester. Je souhaite un prompt rétablissement à cette dame qui (...) qui aurait pu parfaitement manifester à 14H00 là où c'était autorisé", a également considéré le maire LR de Nice Christian Estrosi, accusé par ses détracteurs d'avoir surmédiatisé les risques dans une ville où les "gilets jaunes" ont toujours manifesté dans le calme.

"On ne critique par quelqu'un qui est sur un lit d'hôpital"

"Au-delà du débat juridique, ces propos sont grossiers et indélicats", a commenté Me Arié Alimi, qui doit formaliser la plainte de la famille dans la journée. "Ca me rappelle un peu les propos de Robert Pandraud à l'égard de la famille de Malik Oussekine", a-t-il ajouté, dans une référence au ministre délégué à l'Intérieur après les manifestations étudiantes de 1986 qui avait fait un mort. "On ne critique par quelqu'un qui est sur un lit d'hôpital et nos aînés ont le droit d'exprimer leurs convictions politiques", a ajouté Me Alimi."Qu'il y ait une interdiction de manifester, que la manifestation soit faite sans déclaration, cela importe peu: du point de vue du droit, la question est de savoir si la charge des forces de l'ordre était proportionnée, ou pas et si l'infraction (de la part des policiers) est constituée", a de son côté souligné Me Alimi.La manifestante victime d'une "violente charge" ?

La famille de Geneviève Legay a décidé de porter plainte pour "violences volontaires en réunion avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique et sur personne vulnérable", a affirmé à l'AFP l'avocat de la famille, Me Arié Alimi. La plainte, qui "sera déposée lundi à Nice", visera également "le préfet en qualité de complice par ordres", selon l'avocat.

"La charge de la police a été très violente. Mme Legay (...) a été très grièvement blessée. Elle est ce matin dans un état stable et pas dans le coma, comme on a pu le craindre", a-t-il ajouté.


La manifestation des "gilets jaunes" samedi avait été interdite dans une grande partie de la ville de Nice, par crainte de débordements avant l'arrivée du président chinois Xi Jinping, qui a dîné avec Emmanuel Macron dimanche soir à Beaulieu-sur-Mer.

Rappelant que Geneviève Legay était sa porte-parole dans les Alpes-Maritimes, Attac a dénoncé la "violente charge" des CRS et jugé "illégitime" l'interdiction préfectorale.

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