Mali : la France annonce la mort d'un haut responsable jihadiste lié à Al-Qaïda

Mali : la France annonce la mort d'un haut responsable jihadiste lié à Al-Qaïda
Le ministère des Armées a annoncé ce vendredi 13 novembre avoir neutralisé Ba Ag Moussa, un jihadiste lié à Al-Qaïda au Mali

, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 09h57

Le ministère des Armées a annoncé ce vendredi 13 novembre avoir neutralisé Ba Ag Moussa, un jihadiste lié à Al-Qaïda au Mali.

Mardi l'armée française par sa force Barkhane a procédé à une opération d'envergure visant le jihadiste Ba Ag Moussa. La ministre des Armées Florence Parly a déclaré dans un communiqué que "d'importants moyens de renseignement ainsi qu'un dispositif d'interception composé d'hélicoptères et de troupes au sol" avaient été utilisés pour neutraliser le jihadiste qui a visé par une frappe.


Ba Ag Moussa est décrit comme le "chef militaire" du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et un "cadre historique de la mouvance jihadiste au Sahel".

Il est l'un des membres fondateurs du groupe jihadiste Ansar Dine.



Considéré comme un terroriste par les Nations Unies

Ba Ag Moussa est considéré comme responsable de plusieurs attaques contre les forces maliennes et internationales. C'est l'un des principaux chefs militaires jihadistes au Mali, notamment chargé de la formation des nouvelles recrues, selon le communiqué. Une annonce qui intervient cinq ans jour pour jour après les attentats de Paris.

Ce Touareg, considéré comme un "terroriste" par les Nations unies et Washington, a été un acteur majeur des différentes rebellions touareg des années 1990 et 2000. Réintégré dans l'armée en 1996 puis en 2006, il avait fait défection à chaque fois pour reprendre les armes. D'abord vers la rébellion, puis vers le jihadisme à l'aube de son expansion dans la région en 2012.

En juin, l'armée française avait tué dans une opération au Mali le chef historique d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Ams), Abdelmalek Droukdal.

Tous deux, par ailleurs en lutte armée l'un contre l'autre, sont depuis des mois les cibles prioritaires de Barkhane et de ses alliés régionaux.


Très apprécié de la communauté Touareg

Ag Moussa était considéré comme le responsable d'attaques majeures contre les forces maliennes, dont une en juillet 2016 et l'autre en mars 2019, qui avaient fait plus de 20 morts chacune. Et son nom revenait avec insistance dans plusieurs attaques en 2020.

Mais il jouissait aussi d'une immense popularité auprès des Touareg qui dépassait largement ses appartenances au GSIM. "Ba Ag Moussa est moins vu comme jihadiste que comme un leader historique de la contestation touareg", a ainsi expliqué à l'AFP Ferdaous Bouhlel, chercheuse associée à l'université de Tours (France), experte en médiation.

Cette dernière frappe confirme à tout le moins que l'option militaire demeure privilégiée par la France, qui avait annoncé ces derniers jours des opérations distinctes contre le GSIM et l'EIGS, en revendiquant la neutralisation d'une petite centaine de jihadistes.

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