Mali : "Est-ce-que les autorités font ce qu'il faut?", s'interroge la famille de l'otage Sophie Pétronin

Mali : "Est-ce-que les autorités font ce qu'il faut?", s'interroge la famille de l'otage Sophie Pétronin
Capture d'écran de la vidéo d'Al-Qaïda diffusée par SITE.

Orange avec AFP, publié le dimanche 02 juillet 2017 à 15h44

VIDÉO - La branche d'Al-Qaïda au Mali a publié une vidéo de six otages étrangers, dont la Française Sophie Pétronin, enlevée il y a six mois. Soulagés de la savoir en vie, ses proches se demandent néanmoins si le gouvernement français en fait suffisamment pour la libérer.

À la tête d'une association d'aide à l'enfance, la Française Sophie Pétronin, 66 ans, a été enlevée en décembre 2016 par des hommes armés à Gao, dans le nord du Mali.

Depuis, aucun groupe n'avait revendiqué son rapt. Jusqu'à samedi 1er juillet, date à laquelle la branche d'Al-Qaïda au Mali a publié une vidéo dans laquelle apparaît la nutritionniste qui vient en aide aux enfants mal-nourris au Mali depuis près de 15 ans, a annoncé SITE un centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne de la mouvance jihadiste.

La vidéo de 16 minutes et 50 secondes, non datée, a été publiée via la messagerie sur internet Telegram par le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", une organisation jihadiste. Sophie Pétronin y apparaît aux côtés de cinq autres otages et en appelle à Emmanuel Macron, arrivé au Mali dans la nuit de samedi à dimanche pour soutenir la lutte contre les groupes jihadistes. Elle dit également avoir des problèmes de santé.

LA FAMILLE, ENTRE COLÈRE ET SOULAGEMENT

Soulagé d'avoir enfin de ses nouvelles, sa famille déplore toutefois le silence du gouvernement sur cette affaire. "Ce que je me dis c'est que là on est à plus de six mois. Pendant six mois, on a été en contact avec le Quai d'Orsay. Il y avait ci, il y avait ça. En définitive, il n'y avait rien", raconte à BFMTV son mari Jean-Pierre Pétronin.



"Aujourd'hui, je me pose la question : est-ce que nos autorités d'avant, ou même de maintenant, font vraiment ce qu'il faut, font vraiment ce qu'il faut pour cet otage, pour mon épouse?", s'interroge-t-il. Il regrette par ailleurs que le gouvernement ne l'ait pas appelé. "J'aurais bien aimé que quelqu'un du gouvernement au moins m'appelle, ou appelle mon fils. Mais non, rien ne se passe. Est-ce qu'ils font quelque chose dans l'ombre? Mais on voit bien que dans l'ombre ça n'avance pas. Je sais bien que mon épouse n'est rien à leurs yeux, ce n'est pas une journaliste, ce n'est pas une PDG d'une multinationale. Mais c'est tout de même une compatriote française", s'insurge-t-il.

"À 72 ANS, ON NE PEUT PAS ENDURER CE GENRE DE SOUFFRANCES"

"C'est toujours rassurant d'avoir une preuve de vie, une vidéo. C'est rassurant mais ce n'est pas non plus une grande nouvelle", estime de son côté part son fils, Sébastien Pétronin. Face à ce qu'il considère comme l'inaction du gouvernement, il s'est rendu à plusieurs reprises sur place. "Je n'ai pas la prétention de dire que l'on a plus avancé que le gouvernement ou qui que ce soit qui s'intéresse à cette affaire, mais on est pas resté dans l'immobilisme", assure-t-il.

"On a lancé un appel il y a 48 heures au Quai d'Orsay, avant la diffusion de cette vidéo, une énième perche pour qu'ils nous donnent la possibilité de nous exprimer et de livrer toutes les informations qu'on a, et décider d'une marche à suivre", a-t-il également dit au micro de France Info. "Jusqu'à aujourd'hui on était dans l'attente", regrette-t-il.

Sébastien Pétronin est surtout très inquiet pour l'état de santé de sa mère. "Elle ne peut pas rester en captivité pendant cinq ans, ce n'est pas possible, ce n'est pas envisageable, a-t-il réagi sur France 2. À 72 ans, on ne peut pas endurer ce genre de souffrances".

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