Maintien de la taxe d'habitation pour les plus riches : un dossier "sur la table", confirme l'Élysée

Maintien de la taxe d'habitation pour les plus riches : un dossier "sur la table", confirme l'Élysée
(photo d'illustration)

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 08 janvier 2019 à 19h19

L'Élysée a confirmé mardi en fin d'après-midi que la question de la taxe d'habitation pour les 20% des Français les plus riches serait bien "sur la table" lors du grand débat national. 

Les 20% des Français les plus riches continueront-ils finalement à payer la taxe d'habitation ? Le dossier a connu un nouveau revirement mardi 8 janvier en fin d'après-midi. La suppression de la taxe d'habitation pour les 20% des contribuables les plus riches sera bien "sur la table" lors du grand débat et pourrait être réexaminée, même si c'est le souhait initial du gouvernement, a annoncé mardi l'Elysée à l'AFP.

Un recadrage qui fait suite aux déclarations ambigües du ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

"La suppression pour 80% des Français est déjà actée. C'était d'ailleurs un engagement de campagne du président. La position du gouvernement est celle d'une suppression à 100%" - y compris les 20% les plus aisés. "C'est ce qui est envisagé", rappelle le palais présidentiel. "Mais nous décidons de mettre cela sur la table pour le grand débat", a ajouté l'Elysée. "Si les Français nous disent qu'ils n'en veulent pas, nous sommes prêts à étudier le sujet", a précisé la présidence qui conclut : "nous écouterons, nous ne sommes pas fermés au dialogue, il ne s'agit pas de faire un débat où tout est déjà acté". 

Cafouillage et rétropédalage

Invité du "Grand Rendez-Vous" Europe 1-CNews-Les Echos dimanche 6 janvier, Bruno Le Maire avait laissé entendre que l'exécutif pourrait revoir sa copie si une demande en ce sens venait à être formulée dans le cadre du débat national lancé en réponse au mouvement des gilets jaunes. "Si nous répondons non à chaque demande des Français, que nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice, nous ne réussirons pas le grand débat, qui doit s'ouvrir dans les prochaines semaines", avait-il expliqué.


Une annonce confirmée par le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lundi matin sur France Inter. La possibilité de maintenir la taxe d'habitation pour les Français les plus aisés "est sur la table", avait-il indiqué, rappelant que la promesse initiale de la majorité était de "la supprimer pour 80% des ménages". Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des ménages, à raison de trois tranches successives entre 2018 et 2020, pour un coût total de près de dix milliards d'euros. Mais pour éviter de voir sa réforme retoquée par le Conseil constitutionnel, attaché au principe d'"égalité devant l'impôt", le chef de l'Etat a finalement annoncé l'extension de cette mesure à l'ensemble des Français, pour un coût supplémentaire de sept milliards d'euros.

Le Maire redit sa volonté d'aller au bout

Mardi matin, lors d'un colloque à Bercy consacré à l'économie verte, le ministre des Finances Bruno Le Maire a dit mardi vouloir "clarifier" sa position exprimée dimanche matin, estimant que cette dernière avait été "mal comprise". "J'ai redit dimanche qu'il fallait aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation. Aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation cela veut dire aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation", a déclaré le ministre, évoquant un impôt "injuste". "Cela n'interdit pas que ce sujet fasse partie du débat que nous aurons sur la fiscalité. Nous n'allons pas décider à l'avance de son issue", a ajouté sur twitter le locataire de Bercy.

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