Mai 68 vu par l'AFP - Dans la Sorbonne occupée

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 Des étudiants de la Sorbonne arrachent des grilles d'un arbre le 3 mai 1968 à Paris

Des étudiants de la Sorbonne arrachent des grilles d'un arbre le 3 mai 1968 à Paris

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© AFP, -

AFP, publié le lundi 19 mars 2018 à 11h58

Le 3 mai 1968, les étudiants en révolte de l'université de Nanterre, fermée la veille par le doyen, migrent vers la Sorbonne dont ils sont délogés le jour même avec force par la police. Ce soir-là sur le boulevard Saint-Michel, ont lieu les premiers affrontements. 

A la réouverture de la Sorbonne le 13 mai - sur ordre du Premier ministre Georges Pompidou qui pense calmer les choses -, les étudiants affluent et occuperont pendant plus d'un mois le vénérable bâtiment, bien décidés à refaire le monde.

Les portes sont grandes ouvertes à la population non étudiante et les murs habillés de slogans - "Dieu, ne vous retournez pas, le monde est en train de crouler derrière" ou "Plus je fais la Révolution, plus j'ai envie de faire l'amour" -, sous l'œil impavide des portraits de Mao, Che Guevara ou Trotski.

La police les expulsera le 16 juin.

La Sorbonne occupée par les étudiants

PARIS, 14 mai 1968 (AFP) - La Sorbonne est occupée par les étudiants. Après huit jours de silence forcé, le bastion de l'université traditionnelle s'est transformé, depuis 20 heures, en un forum permanent et passionné. 

Dans chaque amphithéâtre envahi par des centaines de jeunes gens qui débordent sur les gradins, sur les marches jusque dans les couloirs, sont débattus depuis des heures, sans le moindre repos, fiévreusement, tous les problèmes actuels de l'université et de la société. Les orateurs se succèdent dans le brouhaha des ovations et des huées. "L'université critique", tel est le thème de l'amphithéâtre Richelieu. "Luttes ouvrières, luttes étudiantes", est discuté à l'amphi Descartes. "Le Mouvement étudiant international" à l'amphi Guizot, "Les pouvoirs dans l'université" à l'amphi Michelet. 

"Il est interdit d'interdire..." s'inscrit en grandes lettres sur les murs centenaires de la Sorbonne. Des drapeaux rouges flottent sur les statues des vénérables anciens de la cour d'honneur : Victor Hugo, Louis Pasteur.

Sur les marches, devant un auditoire qui tantôt se recueille tantôt se rassemble en groupes de discussions, un quartette joue du jazz par-dessus le débat.

Les fresques de cette cour d'honneur ont été, dans la soirée, l'objet de l'une de ces discussions. Les partisans de la sauvegarde se sont heurtés de la voix à ceux qui voulaient en faire une plate-forme de propagande. Les uns et les autres ont successivement triomphé. D'abord sur les vieilles fresques fut peinte, à grands traits de peinture à l'huile, l'inscription lapidaire :"Camarades, l'humanité ne sera heureuse que lorsque le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier bureaucrate".

 Mais finalement les traditionalistes et la térébenthine eurent le dessus et l'inscription disparut peu avant minuit. Tout semble déjà s'organiser pour que l'occupation ne soit pas celle d'un soir. Dans le hall qui s'ouvre sur la rue des Ecoles a été organisé un ravitaillement gratuit. Les collectes recueillies tout au long de la journée, de la gare de l'Est à la place Denfert-Rochereau, se sont transformées en caisses de vivres et en bouteilles de jus de fruits.

AFP

Les deux derniers occupants de la Sorbonne dormaient enlacés

PARIS, 16 juin 1968 (AFP) - Un seul drapeau rouge flotte sur la Sorbonne vide de ses occupants... c'est l'oriflamme qui a été placé au début de l'occupation par les étudiants au sommet de la Coupole, tout au bout de la croix qui surplombe le dôme, à près de 30 mètres de hauteur. Ce drapeau n'a pu être enlevé. Un moniteur des pompiers qui avait tenté l'escalade a déclaré que par suite de la pluie fine qui a rendu les toits très glissants, il était dangereux de parvenir jusqu'à la croix. Ses chefs lui ont demandé de laisser le dernier drapeau rouge.

A 20 heures, les fouilles qui avaient été entreprises dans l'ensemble du bâtiment par les commissaires de police et leurs inspecteurs étaient terminées. On a trouvé deux derniers occupants à la Sorbonne. C'était un jeune couple qui était couché dans un petit amphithéâtre. Le jeune homme et la jeune fille, enlacés, étaient profondément endormis. Ils ne s'étaient pas même rendu compte que la police avait investi la Sorbonne. Il a fallu les réveiller pour leur apprendre la nouvelle. Complètement ahuris, ils ont suivi les policiers et sont à leur tour sortis librement.

   Pendant cet épisode, les policiers entassaient dans la cour tous les objets disparates qu'ils ont trouvés dans les amphithéâtres :

- des centaines de matraques en tous genres - des pieux de toutes sortes, des barres de fer, des hachettes, des chaînes, des masques à gaz, des dizaines de casques, des couvercles de poubelles.

- quelques bidons d'essence

- des médicaments dans l'infirmerie

- et aussi, naturellement, des centaines de tracts.

   Aucune arme à feu n'a été trouvée.

   L'opération de fouille se terminait. Les commissaires de police et leurs inspecteurs sont toujours rassemblés dans la cour mais ils ne devraient pas tarder à quitter la Sorbonne.

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6 commentaires - Mai 68 vu par l'AFP - Dans la Sorbonne occupée
  • avatar
    minnie-moocher  (privé) -

    Mai 68 ? C'était il y a 50 ans, c'était le printemps, j'avais 20 ans et on se marrait bien. J'ai participé à l'occupation de l'Odéon et de la Sorbonne 1/2 journée (fallait rentrer manger à la maison....) en écoutant les élucubrations de quelques gourous assez drôles finalement. Mais j'ai rangé tout ça dans le placard aux souvenirs que j'ouvre rarement. Tous ces discours post "68 très tards" sont souvent ridicules, surtout venant de ceux qui n'étaient pas nés. On ne revient pas comme ça sur le passé.

  • les grèves de 68 ont commencées en mars !
    SNCF , AIR FRANCE ! qui va suivre !

  • Les leaders d'alors ont vite repris le train en marche et sont devenus des personnes très bien insérées socialement et pécuniairement... Regardez plus loin !

    exact

    Hélas !! bien d'accord avec vous "alasoupe" ... "rose79" l'a bien compris aussi ... pas besoin de citer des noms !!

  • mai 68 vu par l'AFP .....niveau objectivité ,on doit atteindre le sommet . Non , je déconne !!

  • pour le 68 étudiant c'est une manipulation socialiste et des usa "otan"vu le retournement de veste de cohn Bendit qui est devenu plus de droite radicale que la droite elle même et reactionnaire la haine contre tous ce qui le contredit il y à pas photo ce type a été manipulé et aussi a manipulé ses contemporains