Macron : "Il faut refonder une ambition européenne"

Macron : "Il faut refonder une ambition européenne"
Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, à Sciences Po Paris ce samedi 25 juin 2016.
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Orange avec AFP, publié le samedi 25 juin 2016 à 16h43

- Les Britanniques ont voté jeudi à 51,9% pour rompre avec l'Union européenne. Pour Emmanuel Macron, ce divorce est avant tout "l'échec" du gouvernement britannique de David Cameron.

Le ministre de l'Économie a également regretté que les autres pays de l'Union européenne aient laissé Londres "prendre en otage" le projet européen. -

Emmanuel Macron, qui s'exprimait ce samedi 25 juin lors d'un débat à Sciences Po, a rappelé que "beaucoup de concessions" avaient été faites en février par la Commission européenne à David Cameron, pour lui permettre de convaincre ses électeurs de rester dans l'Europe. Les dirigeants européens avaient accordé en février un "statut spécial" au Royaume-Uni. Ces "concessions" lui garantissait notamment d'échapper à l'engagement vers une "Union toujours plus étroite" et lui permettait de réduire les aides sociales aux migrants.

Le leader conservateur a fait campagne pour le maintien dans l'UE mais son parti s'est montré profondément divisé sur la question, jusqu'au sein du gouvernement où certains de ses ministres font campagne pour une sortie.

"LE NON À UNE CERTAINE EUROPE"

Les Britanniques ont donc "voté contre une Union européenne ultralibérale qu'ils avaient largement promue", a souligné Emmanuel Macron. "C'est l'échec du gouvernement britannique", a-t-il ajouté, et les autres pays de l'UE ont "laissé un État-membre prendre en otage le projet européen de manière unilatérale". "C'est le non à une certaine Europe", a poursuivi le ministre, pour qui les partisans du Brexit ont eu "peur de la mondialisation", un sentiment qui "a des échos" dans les autres pays européens.

Partant du constat que les pays membres ont "trahi le projet européen initial", il a plaidé pour qu'il "y ait dans les 27 États-membres un débat organisé, des conventions démocratiques pour réfléchir ensemble, de manière complètement ouverte, sur le projet que l'on veut pour l'Europe". "Sur cette base, (il faut) articuler un nouveau projet européen qui ensuite sera soumis au vote des peuples", a ajouté le ministre, qui a jugé l'Europe "peu efficace, perçue comme bureaucratique, insuffisamment démocratique et, au fond, ultralibérale". "Il faut refonder une ambition européenne (...). Nous voulons une Europe ambitieuse qui réussisse dans la mondialisation", a-t-il conclu.


Vendredi, le ministre de l'Économie avait déjà indiqué vouloir "organiser des conventions démocratiques dans tous les pays" de l'UE afin de "libérer la parole sur l'Europe, redonner confiance et éclairer le débat". Des référendums sur le sujet sont par la suite envisageables à la condition qu'ils "portent sur des projets", a-t-il également déclaré au Progrès.

PAS DE RÉFÉRENDUM EN FRANCE

Le ministre, qui a lancé début avril son propre mouvement politique "En Marche !" n'appelle toutefois pas à un référendum sur l'appartenance ou non de la France à l'Union européenne, comme souhaité publiquement vendredi par la présidente du Front nationale Marine Le Pen, a-t-on précisé dans son entourage. De tels scrutins pourraient selon lui porter sur une plus grande intégration de la zone euro, sur la politique migratoire ou sur une politique de sécurité commune, relève-t-on.

"Il faut pouvoir avoir un grand débat et un choix démocratiques clairs dans la perspective de 2017-2018, après les élections en Allemagne, en France et Italie", a-t-il justifié. Le ministre de l'Economie plaide notamment pour "des coopérations renforcées" et pour une avancée "sur l'intégration de l'euro".

Marine Le Pen a répété vendredi sa volonté d'un référendum sur l'appartenance de la France à l'UE si elle était élue présidente après "six mois" de négociation avec Bruxelles, "en vue de récupérer nos quatre souverainetés fondamentales, monétaires et budgétaires, économiques, territoriales et législatives".

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