Migrations: "devoir d'humanité" et respect de "l'ordre républicain" défend Macron

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 Emmanuel Macron accueilli à Calais par sa maire Natacha Bouchart, le 16 janvier 2018

Emmanuel Macron accueilli à Calais par sa maire Natacha Bouchart, le 16 janvier 2018

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© AFP, BENOIT TESSIER, POOL
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AFP, publié le mardi 16 janvier 2018 à 23h51

Agacé par les critiques d'intellectuels et d'associations, Emmanuel Macron a vigoureusement défendu mardi à Calais sa politique migratoire qui veut conjuguer le "devoir d'humanité" et l'"ordre républicain".

Au cours d'une longue journée, le président est allé au contact de tous les acteurs -migrants, élus, associations- de cette "crise migratoire" dont Calais est la ville symbole depuis 20 ans.

Revendiquant "un discours de vérité", Emmanuel Macron a averti les migrants que "rester à Calais" dans l'espoir de traverser la Manche constituait "une impasse" car "chacun doit le savoir, tout est fait pour que le passage illégal vers le Royaume-Uni ne soit pas possible". "L'ordre républicain vaut pour tout le monde", a-t-il affirmé aux côtés de quatre ministres, dont Gérard Collomb (Intérieur) et Nicole Belloubet (Justice).

Il a aussi prévenu qu'"en aucun cas" l'Etat "ne laissera se reconstituer une +Jungle+", semblable à celle qui a rassemblé jusqu'à 8.000 migrants avant d'être démantelée en 2016.

Depuis, le nombre de migrants a fortement baissé: entre 350 et 500 d'entre eux sont aujourd'hui présents à Calais, essentiellement venus de la Corne de l'Afrique (Ethiopie, Erythrée) et d'Afghanistan, selon l'Etat.

Alors que le président prononçait son discours devant les forces de l'ordre, des dizaines de migrants patientaient à un point de distribution de l'association Salam près du terminal des ferries du premier port de passagers d'Europe. La plupart d'entre eux avaient passé la nuit dans le froid sous des tentes dans les bois.

Un groupe d'Ethiopiens a témoigné des opérations policières menées la nuit. "Ils gazent les tentes pendant qu'on dort. Ils prennent les tentes, les sacs de couchage, même les médicaments donnés à l'hôpital", raconte Dawit, 21 ans.

"Je ne peux pas laisser accréditer l'idée que les forces de l'ordre exercent des violences physiques ou confisquent les effets personnels" des migrants, ou "utilisent des gaz lacrymogènes sur les points d'eau", a déclaré Emmanuel Macron, en avertissant cependant que "si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné". "Vous devez être exemplaires", a-t-il lancé aux forces de l'ordre du Calaisis, qui recevront une "prime exceptionnelle de résultat" en 2018. 

- 'dignité' des migrants -

Parallèlement, il a appelé les associations à la "responsabilité", en déplorant les "mensonges" diffusés "par de trop nombreux" acteurs et "qui nuisent à notre efficacité collective".

En fin de journée, il a eu "un débat franc et sans tabou" avec plusieurs associations locales, dont trois avaient décliné l'invitation, qui l'ont appelé à privilégier "la dignité" des migrants, selon l'un des responsables.

Elles ont salué son annonce que l'Etat allait "prendre en charge" la distribution de repas aux migrants de Calais, un service fourni aujourd'hui par les associations.

Mais certaines d'entre elles ont vertement dénoncé la politique migratoire du gouvernement.

Plusieurs intellectuels, dont certaines proches du chef de l'Etat comme Jean Pisani-Ferry ou Thierry Pech, ont également signé mardi dans Le Monde une tribune très critique sur le projet de loi asile-immigration qui doit être présenté en février et sur une circulaire très controversée sur le recensement des migrants. 

"Une radicalisation du débat, dans un sens ou dans l'autre, serait préjudiciable à chacun. Soyons collectivement attentifs aux mots employés et à l'équilibre des discours", a réagi le professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française, dans un communiqué.

A deux jours d'un déplacement à Londres, le chef de l'Etat a évoqué les pistes de travail avec les Britanniques: "mieux gérer" le dossier des mineurs isolés non accompagnés, "renforcer la coopération policière à Calais" ainsi qu'"avec les Etats d'origine et de transit", et "développer un fonds pour soutenir les projets importants pour le Calaisis".

Jean-Luc Mélenchon (LFI) a appelé M. Macron à dénoncer les accords du Touquet qui fixent la frontière britannique à Calais "puisque ce sont des accords qui ne fonctionnent pas". 

Le maire du Touquet, Daniel Fasquelle (LR), s'est déclaré "tout à fait d'accord" avec les "grands principes" développés par M. Macron mais a mis en doute "sa capacité à mettre en œuvre" sa politique. "J'ai peur que la montagne accouche d'une souris, que le projet de loi de Gérard Collomb soit peu à peu vidé de son contenu pour trouver des points d'entente au sein de la majorité en marche".

Défendant une politique migratoire "exigeante, complète", avec notamment une amélioration des reconduites à la frontières, M. Macron a aussi plaidé pour "une impulsion très forte, spécifique sur l'intégration des réfugiés", avec des cours de langue, une formation professionnelle, et "un accompagnement renforcé concernant les plus vulnérables" et notamment les femmes.

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459 commentaires - Migrations: "devoir d'humanité" et respect de "l'ordre républicain" défend Macron
  • et voilà maintenant il va falloir les nourrir gratis (certainement avec l'augmentation de la CSG pour les retraités) et en plus ils osent raconter des histoires contre la police !! les pauvres ils sont maltraités ! dans ce cas on ne vous retient absolument pas : retour au point de départ allez défendre votre pays au lieu de fuir et de venir nous pourrir la vie. Et courage à nos forces de l'ordre face cette invasion et aussi courage à tous les habitants de calais et des environs ignorés bien sûr par le président !

  • Quand Macron se rend a CALAIS, il s'empresse d'aller rendre une visite très amicale a ses amis les migrants ,il rencontre les associations pro-immigration sous l'oeil complice de ses amis les journalistes.En revanche,aucune visite auprès des riverains de la ville qui supportent depuis des années tous ces "braves migrants" inoffensifs et pacifiques . Aucune rencontre non plus dans une association qui dénonce la présence croissante de tous ces braves africains ! Macron affiche une rigueur toute relative .Braves gens,ne révez pas tropsur toute cette mascarade médiatico-politique .Les vagues migratoires vont s'amplifier car telle est la volonté de Macron et de ses maitres a BRUXELLES .

  • le plan d'un dictateur Cet homme doit etre destituer

  • Il est temps d'offrir une nouvelle chance aux migrants, une nouvelle patrie, une terre de liberté où ils n'auront plus jamais à craindre les persécutions raciales et/ou religieuses. Pourquoi pas (à vous de remplir)? On ferait ainsi d'une pierre deux coups : fini le problème (à vous de remplir) Qui vous savez n'aurait plus qu'à proposer la création d'une grande confédération, sanctuaire de tous les malheureux, y compris ceux qu'elle a expulsés de leurs terres ancestrales) et fini le problème des migrants!

  • 18.01.18 09:02
    16.01.18 16:11

    en lisant l'article on note qu'ils se gargarisent de ce que les expulsions aient atteint 14.859 .... mais sur combien de déboutés parmi les 200.000 accueillis et les 100.000 demandeurs d'asile (chiffres du gouvernement) ?

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