Loup Bureau de retour en France : "très fatigué" mais "soulagé d'être là"

Loup Bureau de retour en France : "très fatigué" mais "soulagé d'être là"
Loup Bureau à son arrivée à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, dimanche 17 septembre 2017

Orange avec AFP, publié le dimanche 17 septembre 2017 à 10h30

Libre. Après 51 jours de détention, Loup Bureau a retrouvé le sol français dimanche 17 septembre au matin.

Le journaliste a expliqué que, "jusqu'au bout", sa libération était restée incertaine.

"Soulagé", "fatigué", "content". S'il fallait ne retenir que trois mots prononcés par Loup Bureau à son arrivée, ce seraient probablement ceux-ci. Le jeune homme de 27 ans, emprisonné en Turquie pendant près de deux mois, est arrivé un peu avant 9 heures, dimanche matin, à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Le reporter indépendant a été accueilli par ses parents, sa famille mais aussi la ministre de la Culture Françoise Nyssen et le secrétaire général de Reporter sans frontières Christophe Deloire.



Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontière turco-irakienne. Il était poursuivi pour avoir effectué un reportage sur les combattants kurdes, il y a plusieurs années. "Je suis très fatigué mais très content d'être là", a-t-il déclaré à sa descente de l'avion. "Jusqu'à ce matin, je n'étais pas sûr de partir", a-t-il expliqué. Le journaliste est aussi revenu sur ses conditions de détention. "À partir du moment où M. Macron a annoncé qu'il demandait ma libération, il y a eu des changements, les gardiens ont commencé à comprendre que je n'étais pas un terroriste, que les faits qui m'étaient reprochés n'étaient pas forcément vrais. (...) J'ai été bien traité."

L'avocat du journaliste, Martin Pradel, a twetté une photo de Loup Bureau en compagnie de sa famille prise dimanche matin.



MENACES ET INTIMIDATIONS

"Je n'est pas été maltraité physiquement mais il y a eu des menaces, des intimidations", a insisté le jeune homme. "J'ai été en garde à vue pendant 6 jours avant d'aller en prison. C'est à ce moment là où ça a été plus compliqué", a-t-il raconté. Son père, Loïc Bureau, a toutefois nuancé : "La semaine de garde à vue, il a été traité comme les prisonniers kurdes, donc il a subi des sévices physiques (...) et psychologiques. À partir du moment où il était en prison, les choses se sont normalisées".

La libération de Loup Bureau avait été annoncée vendredi, dans la foulée d'une visite du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian à Ankara. Malgré la fin de sa détention, le reporter risque toujours une condamnation en Turquie. Le pays occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, une situation qui s'est particulièrement dégradée depuis le coup d'Etat raté de juillet 2016. En tout, 170 journalistes sont détenus dans le pays, selon le site spécialisé P24. En mai, un autre journaliste français, le photoreporter Mathias Depardon, avait lui aussi arrêté à la frontière irakienne, soupçonné de "propagande terroriste". Il avait été expulsé après un mois de détention et une importante mobilisation.

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