Loire : une infirmière victime de "menaces", ouverture d'une enquête

Loire : une infirmière victime de "menaces", ouverture d'une enquête
(Photo d'illustration) Une infirmière prenant en charge un patient atteint du Covid-19 à la clinique des Peupliers le 7 avril 2020.

, publié le samedi 11 avril 2020 à 16h27

L'infirmière aurait reçu une lettre l'invitant à quitter son logement "au plus vite".


C'est à Rive-de-Gier (Loire) que cette infirmière de 44 ans a reçu une injonction anonyme à quitter "les lieux". 

"Merci d'essayer de penser à quitter le bâtiment, vous êtes un danger pour tous le monde (...) s'il y a un cas de Covid-19 dans le bâtiment, vous en serez entièrement responsable. Quittez les lieux au plus vite !! », est-il écrit dans ce message trouvé mercredi dans sa boîte aux lettres par Samia Mazzi, mère de deux enfants.

Samia Mazzi a aussitôt porté plainte au commissariat de Saint-Chamond (Loire) pour "outrage à une personne chargée d'une mission de service public".

Le procureur de la République de Saint-Etienne, David Charmatz, a précisé qu'il avait "requalifié en menaces les faits visés par la plainte contre X déposée" par la professionnelle de santé.

La municipalité de Rive-de-Gier qui a publié sur son compte Facebook le texte adressé à cette infirmière, dénonce des "comportements (qui) rappellent les périodes les plus noires de l'histoire de France".

Samia Mazzi, qui travaille en milieu hospitalier et en libéral, est par ailleurs colistière du maire sortant Jean-Claude Charvin (DVD) candidat aux dernières élections municipales.


Mabrouk Nekaa, président du Conseil de l'Ordre des infirmiers de la Loire, a déclaré samedi qu'il s'agissait du "premier cas dans le département", précisant que le Conseil de l'Ordre "devrait se constituer partie civile".

"Je viens d'avoir au téléphone Madame Mazzi, en l'invitant à contacter la plateforme Psycorona de soutien au personnel soignant, animée par un collectif de psychologues solidaires", a-t-il précisé.

La profession est "en permanence la cible de sollicitations, parfois violentes, de personnes à la recherche d'équipements de protection individuelle, tels que les masques mais pas uniquement", a rappelé de son côté Fleur Barbequot, également représentante du Conseil de l'Ordre des infirmiers de la Loire, évoquant un vol de gel hydroalcoolique à la maison médicale de Rive-de-Gier.

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