Loi Travail : nouvelle manifestation tendue à Nantes

Loi Travail : nouvelle manifestation tendue à Nantes
Nantes le 3 mai 2016.

Orange avec AFP, publié le mardi 03 mai 2016 à 18h07

Alors que le débat parlementaire sur le projet de loi Travail s'ouvrait ce mardi 3 mai, salariés syndicats et jeunes militants de Nuit Debout se sont à nouveau mobilisés à travers la France.

Après des semaines de polémique, l'Assemblée nationale a débuté ce mardi après-midi l'examen du projet de loi Travail.

Une journée marquée par de nouvelles manifestations un peu partout en France. À Paris, où la présence policière avait été renforcée après les débordements des dernières manifestations, la journée a commencé près du Palais Bourbon à 9h. Porteurs d'une banderole proclamant, "Loi Travail, on n'en veut pas, #on vaut mieux que ça", une soixantaine de manifestants du mouvement Nuit Debout ont investi la chaussée et bloqué pendant quelques minutes la circulation pour interpeller les députés. Brandissant une banderole "la loi travail on en veut pas" ils scandaient notamment qu'ils étaient "sans haine sans arme et sans violence".



À la mi-journée, sur l'esplanade des Invalides, des manifestants (3.000 selon la CGT, 1.500 selon la police) s'étaient rassemblés pendant un peu plus de deux heures sur l'esplanade des Invalides, près de l'Assemblée nationale, à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et des organisations lycéennes et étudiantes. "Aux parlementaires de prendre leurs responsabilités", a lancé Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, arborant un badge frappé du seul mot "retrait" lors du rassemblement, tandis que Philippe Martinez (CGT) a promis d'aller "jusqu'au bout". L'idée d'une "grève générale et reconductible" était reprise par certains militants, notamment Eric Beynel de Solidaires, et on entendait scander : "Retrait total, grève générale".

Ils ont été rejoints par un cortège parti plus tôt de Montparnasse, composé de nombreux étudiants. Principales cibles des jeunes sur le parcours entre Montparnasse et Invalides, le gouvernement et le patronat: "Et El Khomri au RMI, et Pierre Gattaz au RSA. Bernard Arnault à l'échafaud, et Bolloré au bûcher, et Lagardère au cimetière". En ligne de mire aussi l'attitude des forces de police : "Cinq policiers pour un manifestant, c'est la politique du gouvernement" ou "état d'urgence, État policier, on nous empêchera pas de manifester", scandaient les étudiants. Après les prises de parole des leaders syndicaux, une partie des manifestants est allée se masser devant la rue de l'Université, face aux forces de l'ordre qui bloquaient la rue menant au Palais Bourbon, en criant "à bas l'État, les flics et les patrons". Selon la préfecture de police, cinq personnes ont été contrôlées, dont une était encore au commissariat en milieu d'après-midi, mais pas en garde à vue. Le gros de la manifestation s'était dispersée vers 15h.

- Invité surprise -

Aux Invalides, certains ont eu la surprise d'y croiser Patrick Balkany. Selon Le Parisien, le député-maire de Levallois-Perret a fendu la foule "sans raison apparente" pour se joindre, "mains dans les poches à un petit groupe de manifestants".



Mais son passage n'était visiblement pas souhaité. "À la vue du député, les insultes 'voleur' ont fusé" rapporte le site du quotidien, qui explique que la police a dû intervenir pour le protéger "et éviter que la provocation ne tourne à la dispute".



- 8 interpellations à Nantes -

La capitale n'était pas la seule ville à se mobiliser. À Nantes, la contestation a été particulièrement tendue. Au fil de la manifestation, qui a réuni jusqu'à 700 personnes, plusieurs échanges de projectiles et gaz lacrymogènes ont eu lieu avec les forces de l'ordre. Un policier a été blessé à la tête après avoir été frappé à l'aide d'une barre de fer, et un gendarme a été blessé, selon la police. Un canon à eau a été utilisé pour repousser et disperser les manifestants à la fin de la manifestation. Huit personnes ont été interpellées, selon la police.

Partis vers 15h30 de la place du Bouffay, où a lieu la Nuit Debout nantaise depuis plusieurs semaines, les manifestants ont défilé dans le centre devant la mairie, puis la préfecture de Loire-Atlantique, derrière une banderole: "Grève, blocage et sabotage". "Mais que fait la police? Ça crève les yeux", ont scandé les manifestants, en référence à l'étudiant rennais qui a perdu l'usage d'un œil après avoir reçu un projectile lors de la manifestation contre la loi travail du 28 avril à Rennes. "Nantes, Rennes, Solidarité!", ont-ils aussi crié, ou encore "De droite ou socialiste, l'État expulse, l'État est fasciste".Cours des Cinquante-otages, ils ont visé les journalistes présents avec des cailloux en leur lançant: "Cassez-vous!". Une équipe de télévision a été brièvement poursuivie.

- Opération "métro libre" à Toulouse -

À Toulouse, une vingtaine de membre de Nuit Debout s'étaient donné rendez-vous place du Capitole dès 7h30. Ils ont tenté une opération "métro libre" dans deux stations afin de laisser les passagers entrer gratuitement, et distribué des tracts avant d'être évacués par la police. Et à la mi-journée, des manifestants CGT et Solidaires ont investi la permanence de la député socialiste Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée, afin qu'elle ne vote pas la loi.

À Grenoble, Rennes, Strasbourg ou encore Lille, plusieurs centaines de personnes ont scandé les mêmes slogans hostiles au texte du gouvernement : "La loi travail, on n'en veut pas" ou "c'est pas au patronat de faire la loi, c'est à la démocratie, on est ici". À Rennes, une centaine d'étudiants et intermittents occupaient toujours une salle municipale depuis dimanche, alors que des négociations étaient en cours avec la préfecture et la mairie pour trouver un compromis.

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