Loi Travail : des "interdictions de manifester" adressées à des militants et à un photographe indépendant

Loi Travail : des "interdictions de manifester" adressées à des militants et à un photographe indépendant
Des manifestants anti-loi Travail à Nantes, le 3 mai 2016

Orange avec AFP, publié le lundi 16 mai 2016 à 22h35

- Plusieurs opposants à la loi Travail ont reçu des interdictions individuelles de manifester mardi 17 mai à Paris et dans plusieurs villes de province comme Nantes. Les autorités espèrent ainsi éviter de nouvelles violences en marge des manifestations syndicales, mais le procédé est dénoncé par de nombreux militants.

L'interdiction controversée visant un photographe indépendant a, elle, été levée lundi soir. -

Depuis samedi soir, "plusieurs de nos militants ont reçu des visites à domicile de policiers, venus délivrer des interdictions de manifester...", a indiqué dimanche AFA Paris/Banlieue, compte Twitter des antifascistes ("antifa") parisiens. Sur un arrêté signé le 14 mai par le préfet de police et publié par le site paris-luttes.info, ces militants se voient "interdits de séjour" mardi entre 11h et 20h dans plusieurs arrondissements parisiens et "de 18h et jusqu'à 7h le lendemain dans le périmètre autour de la place de la République".



La base légale de l'arrêté provient notamment de l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence. Celui-ci permet d'"interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics". Il y a "tout lieu de penser que la présence" de cette personne aux rassemblements "vise à participer à des actions violentes", précise le texte.


UN PHOTOGRAPHE UN TEMPS CONCERNÉ

Un photographe indépendant, détenteur d'une carte d'agence de presse et appartenant à un collectif de photographes "engagés" dans la dénonciation des violences policières, a également reçu une notification de la police. "Je ne comprends pas ce qui m'est reproché. Je suis journaliste, être sur les lieux de violences pendant des manifestations ne veut pas dire que j'y participe", avait-il déclaré à l'AFP, estimant dans plusieurs médias avoir été écarté parce que ces photos dérangent.

Son interdiction a été levée dans la soirée de lundi, selon iTélé. "En levant la mesure, la police a précisé que la 'qualité de journaliste (de Nnoman, son pseudo dans la profession) n'était pas connue au moment où l'arrêté a été établi", a expliqué la chaîne d'information en continue. Son avocat avait déposé un recours auprès du tribunal administratif. Une audience était fixée mardi matin. Le photographe a confirmé sur Twitter l'information.



Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a appelé lundi "à soutenir le confrère", se déclarant "scandalisé" par l'interdiction opposée au photographe de se rendre à la manifestation anti-loi travail prévue mardi.



La préfecture de police a confirmé, sans en préciser le nombre, que des arrêtés ont été notifiés à "des personnes à l'origine ou associées à des faits de violence, pour ne pas que des actes de violences se produisent de nouveau". Deux nouvelles journées de grèves et manifestations mardi et jeudi ont été appelées par 7 syndicats. Il s'agit des sixième et septième journées de mobilisation en un peu plus de deux mois. Depuis le début de la mobilisation contre la loi travail, des manifestations ont été émaillées de violences. Samedi, un lycéen a été mis en examen pour "tentative de meurtre" après l'agression d'un policier à Nantes, le 3 mai. "Ces arrêtés semblent être, à notre connaissance, les premiers à tomber sur Paris dans le cadre du mouvement contre la +loi travail+", a affirmé Action antifasciste Paris-Banlieue. "Vous voulez nous faire sortir par la porte ? On rentrera par la fenêtre...", ont promis les "antifas".

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