Loi travail : c'est par où la sortie de crise ?

Loi travail : c'est par où la sortie de crise ?

Pour François Hollande, "si le dialogue est toujours possible, il n'est jamais fondé sur un ultimatum".

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Orange avec AFP, publié le vendredi 27 mai 2016 à 09h40

- Manifestations, blocages en cascade, pénurie de carburants, perturbations sur les routes, les ports et les centrales nucléaires... Inédite sous un gouvernement socialiste depuis 1981, la mobilisation entamée le 9 mars est montée d'un cran depuis le week-end.

L'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL a appelé ce vendredi à "amplifier les mobilisations". L'exécutif lui cherche toujours une sortie de crise mais semble ne rien vouloir lâcher. -

Le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats continue et chacun semble camper sur ses positions. Depuis le sommet du G7 au Japon ce vendredi, François Hollande a assuré qu'il "tiendrai(t) bon" sur le projet de loi sur le Travail car "c'est une bonne réforme". Face aux blocages, le "premier devoir" de l'exécutif est d'assurer "la liberté de circuler" et "le bon fonctionnement de l'économie", a ajouté le chef de l'État. "Nous avons pris les mesures nécessaires et nous continuerons de les prendre, toujours dans le respect des libertés mais aussi avec la première des libertés qui est la liberté de circuler", a-t-il souligné. "Si le dialogue est toujours possible, il n'est jamais fondé sur un ultimatum".

A un peu plus de deux semaines de l'Euro de football et face aux risques pour l'économie, Manuel Valls a lui jugé "inacceptable" de "bloquer un pays". S'il a évoqué des "améliorations" possibles du projet de loi, le Premier ministre a affirmé qu'il était hors de question de "toucher à l'article 2", le plus contesté, qui consacre la primauté de l'accord d'entreprise en matière d'aménagement du temps de travail. Il a également écarté toute démission. François Hollande a toutefois laissé la porte entrouverte à des évolutions : "le texte va venir au Sénat et ensuite reviendra à l'Assemblée nationale et c'est dans ce cadre là que les discussions doivent avoir lieu et, pour l'instant, nulle part ailleurs (...) Je veux que nous puissions aller jusqu'au bout", a-t-il encore martelé, ajoutant que "les Français jugeront" lorsque le texte sera "mis en œuvre en septembre". Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO) a appelé vendredi le gouvernement à suspendre les débats au Parlement.

LES SYNDICATS MAINTIENNENT LA PRESSION

De l'autre côté, l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL a appelé à "amplifier les mobilisations", notamment "en multipliant et en soutenant les actions décidées par les salarié-es en assemblées générales, y compris reconductibles. Si elle souhaite "des temps forts de convergences de luttes interprofessionnelles (...) dans les prochains jours", l'intersyndicale garde en ligne de mire la date du 14 juin pour sa 9e journée de mobilisation, avec "une puissante manifestation nationale" à Paris. Une date choisie pour coincider avec le début des débats sur le texte controversé au Sénat. Les organisations annoncent qu'elles "déploieront dès le début de la semaine prochaine" leur "votation citoyenne", une grande consultation sur le projet de loi travail qui doit être menée jusqu'au 14 juin dans "les entreprises, les administrations et lieux d'études".


Ces syndicats déplorent aussi le silence de l'exécutif alors qu'ils ont demandé à être reçus dans un courrier à François Hollande la semaine dernière : "Alors que celui-ci dit faire du dialogue social sa méthode de gouvernement, les organisations attendent toujours la réponse à leur courrier". "La violence des propos tenus par le gouvernement, le mépris à l'égard du mouvement social et son entêtement à ne pas retirer le projet de loi renforcent la détermination" des opposants au texte, estiment-ils aussi.

PAS DE SORTIE DE CRISE SANS RECUL ?

Reste que donner raison à la CGT enverrait un très mauvais signal politique à un an de la présidentielle. Alain Juppé a exprimé son inquiétude sur la durée du mouvement de contestation de la loi travail, qu'il voit s'étendre jusqu'à l'été, estimant que la seule sortie possible pour le gouvernement est de "rétablir le dialogue". Pour le maire de Bordeaux, le gouvernement s'est enfermé dans une situation "absolument impossible en engageant une réforme sans avoir aucun soutien de nulle part", opinion, patronat, ou syndicats. Lui-même a affirmé qu'il ne pourrait se trouver en pareille posture car il demanderait "le soutien des Français" avant la présidentielle 2017. Et ils lui "donneraient mandat, ou pas", d'engager des réformes.

"On n'aperçoit pas de sortie parce que toute sortie qui serait offerte serait en direction de la CGT, et ça veut dire aussi que le gouvernement abandonnerait ses positions et ses alliés de la CFDT", a lui déclaré le président du MoDem François Bayrou. "Il y a eu hier des couacs très importants à l'intérieur du gouvernement et de la majorité avec le président du groupe socialiste d'un côté, le ministre des Finances de l'autre, qui indiquaient qu'il fallait songer à réécrire, ce qui aurait été un désaveu et évidemment le signe du départ inéluctable du Premier ministre", a ajouté le maire de Pau. "Je pense que le gouvernement ne peut pas faire autrement que de résister sur le texte qu'il a lui-même proposé. Pour autant on ne voit pas de sortie de crise sans qu'il y ait recul. C'est le dilemme dans lequel le gouvernement est enfermé".

Après ce cafouillage, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a lui estimé que François Hollande n'avait "plus la majorité". L'ancien ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, a proposé de sortir de la contestation contre la loi travail en organisant le dialogue et en nommant un médiateur, ou en recourant au référendum. Il a également suggéré une autre solution : le référendum, jugeant que c'est une "bonne recommandation" de Jean-Claude Mailly, patron de FO.

NOUVEAUX INCIDENTS DANS LA CAPITALE

Sans compter les barrages et les "grévistes qui occupent leur entreprise", la CGT a recensé "près de 300.000 manifestants" en France, contre 400.000 une semaine plus tôt. Les autorités en ont dénombré 153.000 (128.000 le 19 mai). "Tout le monde déteste le PS", ont scandé les manifestants à Lille, où ces slogans prenaient le pas sur les chants anti-policiers. Cette huitième journée d'action, à l'appel de sept syndicats (CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL),a rassemblé à Paris 18.000 à 19.000 personnes selon la police, 100.000 selon les organisateurs. De nouveaux incidents ont éclaté dans la capitale, des manifestants cagoulés ont brisé des vitrines, dégradé des véhicules, lancé des projectiles et poussé un chariot de supermarché enflammé vers des policiers, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Trente-deux personnes ont été placées en garde à vue à Paris, 62 dans tout l'Hexagone.

A la fin de la manifestation parisienne, "une centaine de personnes a pris à partie cinq fonctionnaires de police qui procédaient à une interpellation", a déclaré la préfecture de police. Lors des heurts qui ont suivi, "un jeune homme a été blessé sérieusement" puis hospitalisé. Les circonstances de cet incident "devront être établies", a affirmé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a demandé une enquête administrative. Le parquet de Paris a ouvert de son côté une enquête judiciaire également confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Avec six raffineries sur huit à l'arrêt ou perturbées et un cinquième des 11.500 stations-service en rupture partielle ou totale d'approvisionnement, les sites pétroliers retiennent l'attention du gouvernement. Manuel Valls recevra les acteurs du secteur samedi. Neuf centrales nucléaires, sur les 19 françaises, ont connu des baisses de production, selon la CGT, sans toutefois entraver l'approvisionnement électrique, a assuré RTE, gestionnaire du réseau national à haute tension. Peu de perturbations à la SNCF également (10,6% de grévistes, selon la direction).
 
85 commentaires - Loi travail : c'est par où la sortie de crise ?
  • Les biens pensants et ils s'imaginent travailler et oeuvrer pour le bien du pays et des français sans la moindre concertations au préalable,telle est la démocratie socialiste.Hollande a bien enfumés les français en 2012.

  • les politiques de tout bords commencez a mettre le public et le prive sur le meme plan avant de toujours s'en prendre au prive les avantages les horaires et tout et tout voiture pour aller a la maison faire les course et j'en passe

  • Et en plus ils ont le culot de sourire ! Quels guignols !

    je ne sais pas ce qu'a pu le raconter Valls mais ça les fait rire
    on a la nette impression qu'ils se foutent de nous

  • Avant de demander un référendum il serait judicieux que tous les français lisent la loi et surtout l'article 2 tant décrié
    je suis sur que la majorité des grévistes ne l'ont pas lu: ils ont lu la pétition sur le net fait par la CGT je l'ai lu mais j'ai aussi lu cette loi je peux vous dire que la pétition contre cette loi c'est du n'importe quoi
    ça me fout en rogne de voir les dégâts que font les grévistes sous couverts de la CGT
    il y a tant de chômeurs qui voudraient bosser pendant que ceux qui devraient bosser saccagent tout et nous prennent en otage
    le droit de gréve est acquis mais le saccage non, brûler des pneus empêcher les gens de bosser nous prendre en otage vous trouver ça normal ?
    la SNCF la RATP l'EDF l les transports aériens qui sont des régimes spéciaux avec des avantages pas possible ! ils s'en fichent ils auront toujours des billets réduit des réduction pour le gaz l’électricité et les autres ? ils ont quoi rien sauf être pris en otage et galérer pour aller au taf

  • "une bonne réforme" - Si tes anciens coreligionnaires de 36 t' entendent, les malheureux doivent se retourner dans leur tombe. Une bonne réforme pour le nouvel ordre mondial et l'ultra libéralisme, oui, le monde moyenâgeux que l'on veut nous remettre en place avec d'un coté les riches administrateurs et de l'autre les serfs ? OUI, sans aucun doute. - Hollande ? Un Président aux ordres, mais de qui ?. Remontez les ficelles, et vous saurez.

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