Loi sur l'école : l'Assemblée vote la présence obligatoire des drapeaux français et européen dans les classes

Loi sur l'école : l'Assemblée vote la présence obligatoire des drapeaux français et européen dans les classes
Des drapeaux français et européen sur le fronton de l'école Saint-Éxupéry, à Hellemmes.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 12 février 2019 à 15h43

Les paroles de la Marseillaise devront également être affichées. L'amendement avait été déposé par le député Les Républicains (LR) Éric Ciotti.

Les députés ont adopté lundi soir, après l'avoir complété, un amendement d'Eric Ciotti prévoyant que la présence du "drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen, ainsi que des paroles du refrain de l'hymne national (soit) obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat".

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, favorable à la disposition, a jugé "important" de continuer à "jouer le jeu de l'ouverture au débat parlementaire", en prenant ainsi en compte les propositions de l'opposition. Il a assuré que la mesure pourrait s'appliquer "de façon très simple", avec une affiche "à des coûts tout à fait assumables par le ministère".

Une proposition très contestée

Éric Ciotti, qui avait proposé la présence du seul drapeau français initialement, a salué "une avancée importante". Mais les débats sur cet amendement examiné tardivement ont donné lieu à de vives protestations des élus de gauche, frustrés de ne pas avoir pu s'exprimer. George Pau-Langevin (PS) a dénoncé une mesure "pour se faire plaisir", qui peut être perçue comme une "défiance" envers les enseignants qui ont en charge leur salle de classe.

Michel Larive (La France insoumise) a jugé "suffisant" la présence des drapeaux aux frontons des établissements, invoquant "le respect de la patrie sans aller vers le nationalisme" et estimant que "les écoles ne sont pas des casernes".

Une seconde délibération prévue

Elsa Faucillon (PCF) a aussi dénoncé le déroulé du vote, le jugeant "caduc" du fait qu'aucun élu de gauche n'ait pu s'exprimer. Sur le fond, elle a déploré que l'amendement ait été porté par ceux qui lancent le débat "sur l'identité" plutôt que "l'égalité".

Plaidant pour clore les débats nocturnes "sur une note apaisée", le ministre a affirmé qu'il ne s'agissait de parler que "de choses déjà consacrées", rappelant notamment que le drapeau français et le drapeau européen se trouvent au fronton des collèges et des lycées. Il a néanmoins admis "un peu de rapidité liée à l'heure" dans le vote.

Au vu de l'émoi suscité, le président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, Bruno Studer (LREM), a demandé une seconde délibération sur cet amendement. Celle-ci n'interviendra qu'à la fin de l'examen du texte, d'ici à vendredi.

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