Loi Macron : le bilan mitigé des zones touristiques

Loi Macron : le bilan mitigé des zones touristiques
Le centre Beaugrenelle dans le XVe arrondissement de Paris fait partie des 12 Zones touristiques internationales de la capitale.

, publié le dimanche 02 octobre 2016 à 16h24

Plus d'un an après l'adoption de la loi Macron, 21 zones touristiques internationales (ZIT) ont été créées à travers la France. Mais selon une enquête du Journal du dimanche (JDD), leur bilan est mitigé.

Antibes, Dijon et La Baule ont rejoint début juillet la liste des ZIT, où les magasins peuvent ouvrir tous les dimanches et le soir jusqu'à minuit en contrepartie de compensations salariales pour leurs employés.

Douze ZTI avaient déjà été créées à Paris et six en province, à Nice, Cannes, Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, Deauville et Val d'Europe. Une nouvelle zone pourrait ouvrir "dès le mois prochain" à Paris, au sein du parc de la Villette, au nord de la capitale. Selon les informations du JDD, la maire de Paris, Anne Hidalgo, pourtant farouchement opposée à la loi Macron, ne s'y opposera finalement plus.



Mais une question demeure : ces ZTI ont-elles permis aux magasins d'augmenter leurs chiffres d'affaires et de créer des emplois ? Pour le moment, aucun bilan ne précise le nombre de magasins en activité le dimanche et l'ampleur de ces zones sur les chiffres de Pôle emploi. Une chose est certaine, tout le monde ne joue pas le jeu. Et les ZTI ne sont pas les seules concernées : "43% des élus de grandes villes ont donné leur feu vert pour 7 à 8 dimanches travaillés (au lieu de 5 auparavant, ndlr)", explique à l'hebdomadaire Stéphane Travert, député PS en charge du suivi de la loi. Beaucoup de commerçants préfèrent toujours baisser le rideau le dimanche, estimant perdre de l'argent ce jour là. Selon la fédération du commerce spécialisé, Procos, "compte tenu de la majoration des salaires, il faut une croissance de 20% du chiffre d'affaire pour que cela soit rentable".

"LE SYSTÈME D'AUTORISATION NÉGOCIÉ AVEC LES SYNDICATS EST TROP LOURD"

Selon le JDD, dans le centre Beaugrenelle (ZTI du XVe arrondissement de Paris), 25 boutiques sont fermées chaque dimanche sur un total de 120. "Les ZTI ressemblent à des peaux de léopard avec des magasins ouverts et d'autres non", explique Claude Boulle, président de l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV). "Cela désoriente le consommateur. Le système d'autorisation négocié avec les syndicats est trop lourd". Pour certains économistes, le bilan de ces zones touristiques est discutable. "Le retour dont nous disposons de la part des commerçants, est qu'il n'y a pas d'augmentation significative du chiffre d'affaires. Les dépenses de consommation sont apparemment réparties sur une durée plus longue", avait expliqué, début août à l'AFP, Christopher Dembik, économiste de la banque danoise Saxo.

La loi Macron prévoit que ces ouvertures étendues restent soumises à un accord avec les syndicats ou à un référendum interne. Le gouvernement a estimé fin juin que "la dynamique était enclenchée", des accords de branche (bijouterie, luxe, bricolage) ayant été signés, et des grandes enseignes (Etam, Darty, Tati, Zara, Marionnaud, Nature & Découvertes...) ayant trouvé un terrain d'entente avec leurs salariés. Mais le dossier reste bloqué dans les grands magasins, à l'exception du BHV, et chez des distributeurs importants comme la Fnac, qui compte remettre le sujet sur le devant de la table début 2017. Le rapprochement avec Darty où les salariés ont donné leur feu vert devrait favoriser un compromis. Les Galeries Lafayette n'ouvriront qu'à partir de 2017 après de longues négociations. "Dans les gares, le commerce le dimanche ne marche pas. Certaines enseignes renoncent à ouvrir y compris à Paris-Saint-Lazare", explique Michel Pazoumian, délégué général de Procos, la fédération du commerce spécialisé.

Les critères pris en compte par le gouvernement pour la définition d'une ZTI sont : "avoir un rayonnement international en raison d'une offre de renommée internationale en matière commerciale ou culturelle ou patrimoniale ou de loisirs", "être desservie par des infrastructures de transports d'importance nationale ou internationale", "connaître une affluence exceptionnelle de touristes résidant hors de France", et "bénéficier d'un flux important d'achats effectués par des touristes résidant hors de France, évalué par le montant des achats ou leur part dans le chiffre d'affaires total de la zone". nombreuses enseignes

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