Loi Alimentation : les prix vont augmenter de 5% à 6% en moyenne sur de nombreux produits

Loi Alimentation : les prix vont augmenter de 5% à 6% en moyenne sur de nombreux produits
Un supermarché à Trèbes, le 12 avril 2018.

, publié le mercredi 30 janvier 2019 à 11h34

Sur le catalogue de 25.000 produits d'un hypermarché, environ 1.000 produits vont voir leur prix augmenter de 5 à 6% en moyenne.

Conséquence de la loi alimentation, votée en octobre 2018, les prix de certains produits alimentaires vont augmenter au 1er février. En moyenne, la hausse atteint 5% à 6%, mais peut monter jusqu'à près de 10%, indique mardi 29 janvier Le Parisien, qui a interrogé un grand distributeur.

À l'origine de cette flambée des prix, qui risque de mal passer en pleine crise des "gilets jaunes", les États généraux de l'alimentation de 2017.

La loi Alimentation, votée fin 2018, entre en application le 1er février 2019. L'un des objectifs principaux du texte est d'assurer une meilleure rémunération des agriculteurs grâce à une meilleure prise en compte des coûts de production. Les distributeurs sont donc incités à réduire leurs marges sur les produits agricoles (viande, poisson, lait, fruits et légumes...), de manière à maintenir les prix quasiment stables pour le consommateur.



Mais en échange, de cet effort, la loi Alimentation relève le "seuil de vente à perte" (SRP) de 10% sur les produits alimentaires, notamment. En clair, la grande distribution a désormais l'obligation de faire au minimum une marge de 10% sur tout un panel de produits. Sur le catalogue de 25.000 produits d'un hypermarché, environ 1.000 produits vont voir leur prix augmenter de 5 à 6% en moyenne. L'épicerie sucrée et salée, les boissons alcoolisées et non alcoolisées, le "frais en libre-service" (pizza, fromage...) et les aliments pour animaux sont concernés. Et d'après Le Parisien, qui a pris contact avec une enseigne souhaitant rester anonyme, les articles les plus touchés par les hausses de prix sont ceux sur lesquels la marge était très faible du fait de la guerre des prix entre les magasins.


Le quotidien a ainsi isolé une liste de 24 produits et qui se retrouvent très souvent dans les paniers : pot de Nutella (+8,4%), camembert Président (+8,6%), Coca-Cola (+5%), Lait maternisé Guigoz (+8,1%), Évian (+6,1%)... Ce chariot type augmente de 6,3%, avec des prix qui progressent de 0,5% à 9,9%.

Si elle bénéficie de la réforme, la grande distribution s'inquiète toutefois de la réaction des clients. "Quand on va devoir expliquer qu'on monte les prix de produits très connus pour mieux rémunérer les agriculteurs, on va pouvoir sortir les rames...", confie un responsable au Parisien.

Par ailleurs, la loi Alimentation interdit les promotions trop importantes : pas plus de 34% sur un produit. Du coup, les opérations "un produit acheté, un produit offert" ne seront plus possible, puisqu'elles sont équivalentes à une réduction de 50%.

"Il y aura 4% des produits qui vont augmenter beaucoup. Je le regrette, j'aurais voulu que ce soit différemment (...) on essaie une chose, c'est qu'on ait encore une agriculture en France, pour arrêter d'acheter des produits qui viennent d'Amérique ou des pays de l'Est" a déclaré Didier Guillaume sur France Info mercredi matin. Dans les supermarchés, "500 produits sur 13.000" devraient ainsi augmenter le 1er février, alors que dans les hypermarchés, "c'est 800 produits sur 20.000" qui sont concernés, selon le ministre, qui a confirmé en les relativisant des informations parues dans Le Parisien.


"La loi ne dit pas qu'il faut augmenter le Nutella, elle stipule qu'une grande surface ne peut pas vendre de produits aux consommateurs moins cher que ce que ça vaut" a précisé le ministre. "Ce que je demande aux grandes surfaces c'est de trouver moyen de répartir les marges différemment, de répartir les choses mieux, l'objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur", a-t-il ajouté.

M. Guillaume a fustigé les enseignes qui profitent de la prochaine application de la loi pour imputer au gouvernement de prochaines hausses de prix. Lorsqu'une enseigne affiche deux tarifs avant et après la loi, elle "prend en otage les consommateurs" a-t-il estimé.

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