Liberté ou détention pour le Dr Péchier ? La cour délibère

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Hervé Tarby (au centre), père d'un enfant opéré des amygdales à 4 ans et qui a survécu à deux arrêts cardiaques, arrive le 12 juin 2019 au tribunal de Besançon
Hervé Tarby (au centre), père d'un enfant opéré des amygdales à 4 ans et qui a survécu à deux arrêts cardiaques, arrive le 12 juin 2019 au tribunal de Besançon
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© AFP, SEBASTIEN BOZON

AFP, publié le mercredi 12 juin 2019 à 13h37

Les magistrats de la cour d'appel de Besançon se sont retirés mercredi pour délibérer sur le maintien en liberté ou le placement en détention provisoire de l'anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d'avoir empoisonné 24 patients lors d'interventions chirurgicales.

L'audience, à huis clos, s'est prolongée pendant près de quatre heures en présence du médecin de 47 ans et d'une petite trentaine de victimes ou de proches des victimes.

Parmi eux, le père d'un enfant opéré en 2016 à l'âge de 4 ans des amygdales et qui avait survécu à deux arrêts cardiaques.

A sa sortie de l'audience, Me Béthune de Moro, l'un des avocats du médecin, a de nouveau soutenu qu'il n'y avait "aucune preuve" que les événements indésirables graves (EIG) survenus lors des interventions chirurgicales incriminées soient "criminels". La défense a ainsi demandé le maintien de l'anesthésiste en liberté sous contrôle judiciaire.

L'avocat a parlé d'une "audience dense" mais d'un "débat assez loyal" entre l'accusation qui réclame son placement en détention, soutenu par les parties civiles, et les conseils du médecin.

Il était "difficile et douloureux (pour le Dr Péchier, NDLR) de revenir à Besançon, de voir les victimes" de ces EIG, a-t-il encore observé.

Sans se prononcer sur la culpabilité du médecin, les juges de la chambre de l'instruction devront dire à l'issue de leur délibéré si son maintien en liberté est susceptible de créer un trouble à l'ordre public, d'entraver l'enquête ou encore de faire peser une pression sur les victimes présumées.

"Il y a eu violation du contrôle judiciaire" auquel le Dr Péchier était astreint, avait assuré peu avant l'audience Me Frédéric Douchez, avocat de la clinique Saint-Vincent où il exerçait.

Des accusations taxées de "ridicules" par Me Randall Schwerdorffer, un autre avocat du Dr Péchier.

Depuis la mi-mai et la mise en examen de son client pour 17 nouveaux cas d'empoisonnements qui s'ajoutent aux sept pour lesquels il était déjà poursuivi depuis 2017, le médecin "a encore respecté son contrôle judiciaire, il n'y a eu aucune difficulté", a-t-il assuré.

- Coma -

Autrefois praticien réputé, Frédéric Péchier a été mis en examen une première fois en 2017 pour sept cas d'empoisonnements, dont deux mortels.

Laissé en liberté sous contrôle judiciaire à l'issue de cette première mise en examen, il l'a également été après la seconde, à la mi-mai, pour 17 dix-sept autres cas, dont sept mortels.

L'anesthésiste est soupçonné d'avoir pollué, entre 2008 et 2017, des poches de perfusion de 24 patients âgés de 4 à 80 ans pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues d'une clinique de Besançon avec lesquels il était en conflit. 

Pour le procureur de la République de Besançon, il est "le dénominateur commun" de tous ces "événement indésirables graves", comme les désigne le jargon médical.

Parmi ses victimes présumées, certaines, restées plusieurs jours dans le coma après avoir subi des arrêts cardiaques à l'occasion d'opérations qui ne présentaient pas de difficultés particulières, en portent encore les séquelles.

Dès 2017, le Dr Péchier s'était vu interdire d'exercer sa profession. Ce contrôle judiciaire a été renforcé à la mi-mai avec une obligation d'éloignement de Besançon et de ses environs.

Il réside depuis chez ses parents, non loin de Poitiers, là où il a débuté ses études de médecine et où son père exerce lui-même comme anesthésiste.

A la mi-mai, le parquet avait immédiatement interjeté appel de la décision de la juge des libertés et de la détention de le laisser libre, estimant que l'anesthésiste devrait être désormais placé en détention provisoire le temps de l'instruction de cette affaire.

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