LGBT : premier mariage de pasteures homosexuelles béni par l'Eglise protestante

LGBT : premier mariage de pasteures homosexuelles béni par l'Eglise protestante
La salle Braun, à Metz.
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publié le lundi 26 juillet 2021 à 21h24

Il s'agit de la première union d'un couple de pasteurs du même sexe.

Une première et un grand pas pour la communauté LGBT en France. L'Eglise protestante unie de France (EPUdF) a célébré la bénédiction du premier mariage de pasteures lesbiennes, autorisé depuis un synode 2015 ouvrant la possibilité de bénir des couples de même sexe, à Montpellier (Hérault), a-t-on appris ce lundi 26 juillet.



Il s'agit de la première union d'un couple de pasteurs du même sexe.

"On y va petit à petit, il y a une dimension symbolique importante", a expliqué à l'AFP le pasteur Jean-François Breyne, qui a présidé samedi cette première bénédiction au temple protestant de Maguelone à Montpellier.

"Il y a une réalité (sur la question du mariage homosexuel dans l'Eglise protestante) qui avance, de fait, assez rapidement", a-t-il poursuit, ravi de "l'impact" de cette célébration pour ses "deux jeunes collègues".

"Comme un mariage banal"

Emeline Daudé et Agnès Kauffmann sont les premières pasteures lesbiennes à s'être dit "oui" depuis que l'Eglise protestante unie de France a décidé d'élargir ses possibilités d'accompagnement liturgique, comme l'a rapporté le journal le Monde.

Avant la noce, les futures mariées évoquaient l'organisation de leur noce auprès du quotidien.

"Le déroulement du culte sera assez classique, avec une touche de modernité tout de même", résumaient-elles. "On a essayé de 'queerer' les choses en insérant notamment des tournures inclusives, ajoutaient-elles.

Les deux femmes, respectivement 31 et 33 ans, sont actuellement "proposantes", en début de carrière pour devenir pasteures.

"On a fêté ça comme un mariage banal, c'est une étape de franchie pour l'église", témoigne Agnès auprès de l'AFP. "Les personnes LGBT ont besoin de voir d'autres personnes LGBT engagées, y compris dans le milieu des religions", renchérit Emeline.

Adoptée lors d'un vote des délégués du synode national à Sète (Hérault) en mai 2015, la possibilité de bénir des couples gays ou lesbiens, a suscité des oppositions au sein de l'EPUdF.

Un "sujet sensible"

"Il y avait des paroisses et quelques collègues réticents" à autoriser cette bénédiction, se souvient Jean-François Breyne.

"Ça reste un sujet sensible", confirme Daniel Cassou, pasteur et responsable de la communication pour l'EPUdF. "Il a fallu deux ans de mûrissement, de maturation, de dialogue, pour qu'un accord se dégage pour accepter de donner cette autorisation", poursuit-il.

La décision du synode de 2015 laisse toutefois une liberté de discernement, précisant que cette bénédiction n'est "ni un droit, ni une obligation" et qu'elle "ne s'impose à aucune paroisse, à aucun pasteur".

Concernant le mariage, la théologie protestante ne reconnaît pas de sacrement - seuls le baptême et la cène sont reconnus comme tel -, mais célèbre une bénédiction accordée après une cérémonie civile pour les personnes hétérosexuelles ou homosexuelles.

Après la Mission populaire évangélique, l'EPUdF est la deuxième église protestante en France à pratiquer ce "geste liturgique". Selon Daniel Cassou, une trentaine d'Eglises protestantes dans le monde ont donné leur autorisation à bénir les couples de même sexe.

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