Levothyrox : un médecin "trompé" par le laboratoire Merck porte plainte

Levothyrox : un médecin "trompé" par le laboratoire Merck porte plainte
Nicolas Bouvier, médecin généraliste à Reims, porte plainte contre X pour tromperie aggravée dans l'affaire du Levothyrox (photo d'illustration).

, publié le samedi 18 novembre 2017 à 12h10

SANTÉ. Généraliste à Reims (Marne), Nicolas Bouvier a déposé une plainte contre X pour tromperie aggravée et saisi le Défenseur des droits.

Il ne prescrit plus le médicament traitant les problèmes de thyroïde à ses patients.

Alors que la direction générale de la santé a annoncé l'arrivée sur le marché d'un cinquième médicament alternatif au Levothyrox début décembre, le Thyrofix (laboratoire Unipharma), la grogne des patients ne s'apaise pas. S'y joignent les interrogation d'un nombre croissant de professionnels de santé, médecins ou pharmaciens. Parmi eux, le Dr Nicolas Bouvier, 48 ans, médecin généraliste à Reims. Il révèle, samedi 18 novembre dans le Parisien, avoir déposé une plainte contre X pour tromperie aggravée, mais aussi saisi le Défenseur des droits.

• "UNE SITUATION TRÈS GRAVE"

Comme ses patients, il constate leurs effets secondaires sérieux depuis le changement de formule du médicament de Merck. "J'ai été confronté à des effets indésirables graves", explique-t-il sur RTL. Il juge que le Levothyrox nouvelle formule fait courir "un risque excessif" aux patients.



Nicolas Bouvier pense avoir été "trompé" "sur la qualité du médicament" qu'il prescrivait à ses patients. "Le laboratoire Merck, qui fabrique le Levothyrox, garantissait que la nouvelle formule n'allait pas les affecter. Or, dès sa mise en place, j'ai trouvé face à moi des personnes avec des troubles tellement nombreux, intenses et anormaux par leur fréquence que j'ai compris que nous étions dans une situation très grave. J'ai été trompé en tant que médecin, et les patients, eux, en ont été victimes", explique-t-il au Parisien.

• "GESTION DÉSASTREUSE DE LA CRISE PAR LES AUTORITÉS DE SANTÉ"

"Au départ, nous pensions que les symptômes - perte de cheveux, troubles cardiaques, troubles digestifs, fatigue - allaient s'estomper, mais rien n'y faisait. Pis, certains qui allaient bien au début du changement de formule présentent aujourd'hui des troubles préoccupants", souligne le Dr Bouvier. "J'ai donc décidé de ne plus le prescrire mais de lui préférer ses substituts. Le problème est que les obtenir en pharmacie est un parcours du combattant."

Pourquoi a-t-il saisi le Défenseur des droits ? Il attend "une réponse". "J'espère que son présent silence n'est pas une absolution de la gestion désastreuse de la crise par les autorités de santé car, en attendant, des gens souffrent. Je ne suis pas un habitué des coups de gueule mais cette situation inédite mérite largement l'engagement des médecins au côté des malades", estime le médecin.

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