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Levothyrox : l'enquête élargie pour "homicide involontaire"

Levothyrox : l'enquête élargie pour "homicide involontaire"
L'information judiciaire confiée au tribunal de grande instance de Marseille avait été ouverte contre X le 2 mars 2018 pour tromperie aggravée.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 05 février 2019 à 12h54

"Ce n'est pas une victoire mais c'est une étape décisive", a réagi, dans un communiqué l'avocat de victimes.

Le parquet de Marseille, qui avait ouvert une information judiciaire pour " blessures involontaires" dans le volet pénal du dossier du Levothyrox, l'a élargie à " homicide involontaire", selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, confirmant une information du Parisien.

L'information judiciaire confiée au tribunal de grande instance de Marseille avait été ouverte contre X le 2 mars 2018 pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui, pour enquêter sur les plaintes de milliers de malades de la thyroïde victimes d'effets secondaires de la nouvelle formule du médicament. 

"Aucune conclusion ne peut être tirée"

"Cette étape judiciaire constitue une étape normale de la procédure, dès lors que des plaintes invoquent ce motif", a réagi le laboratoire allemand Merck dans un communiqué. 

"Aucune conclusion ne peut être tirée de ce réquisitoire supplétif : je suis confiant dans la démonstration qui pourra être faite à terme d'absence d'infraction commise par Merck", a souligné l'avocat du laboratoire, Me Mario-Pierre Stasi.

Selon Merck, "les conclusions des rapports de pharmacovigilance publiés en 2018 indiquent clairement qu' il n'y a pas de lien établi entre les cas signalés de décès dans la base de données de pharmacovigilance et la nouvelle formule du Levothyrox".

"Une étape décisive"

"Ce n'est pas une victoire mais c'est une étape décisive", a de son côté réagi, dans un communiqué, Me Christophe Lèguevaques, avocat de victimes. Après les "décès suspects" de deux jeunes femmes qui prenait du Levothyrox, il avait demandé l'ouverture d'une information judiciaire pour "homicide involontaire".  

"Nous sommes bien face à une crise sanitaire majeure et toute la lumière doit être faite sur les comportements des uns et des autres ou la complaisance de certains à l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, ndlr) qui ont laissé commercialiser un produit dont la dangerosité était scientifiquement connue", accuse l'avocat. 

Une pétition pour réclamer l'ancienne formule

Une pétition pour réclamer le retour de l'ancienne formule a rassemblé plus de 170.000 signatures début septembre. Face à l'ampleur du mouvement, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé, le 15 septembre, que l'ancienne formule du médicament serait à nouveau disponible. Dès novembre, Merck a cependant précisé que l'ancienne formule, l'Euthyrox, seulement disponible au compte-gouttes, ne serait plus distribuée en France au-delà de 2018.

Dans le volet civil du dossier, une action collective a été engagée contre le laboratoire Merck, pour défaut d'information et préjudice d'angoisse. Le procès a eu lieu à Lyon en décembre. Le délibéré doit être rendu le 5 mars.

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