Les régionales à peine bouclées, la bataille présidentielle peut commencer

Chargement en cours
Alain Rousset (PS), réélu président de la région Nouvelle-Aquitaine, le 27 juin 2021 à Bordeaux
Alain Rousset (PS), réélu président de la région Nouvelle-Aquitaine, le 27 juin 2021 à Bordeaux
1/5
© AFP, MEHDI FEDOUACH

publié le lundi 28 juin 2021 à 12h26

Les élections régionales sont à peine bouclées que la bataille pour la présidentielle démarre: Emmanuel Macron est dès lundi sur les terres de Xavier Bertrand, candidat déclaré pour 2022, qui appelle de son côté ses homologues de droite à le rallier.

L'une d'eux, la présidente de l'Ile-France Valérie Pécresse, n'exclut pas de se lancer elle-même après l'été.

Avec une abstention vertigineuse - autour de 66% -, difficile de tirer des enseignements du second tour de ce scrutin local pour la présidentielle, soulignent toutefois les politologues.

"Ce que certains vont présenter comme le retour de la gauche et de la droite ne se traduit pas dans les sondages pour 2022. Les élections sont de plus en plus déconnectées les unes des autres", souligne Chloé Morin, politologue associée à la Fondation Jean-Jaurès, auprès de l'AFP. 

Comme en 2015, le RN a échoué à emporter une région, y compris Paca, qui était sa meilleure chance: le LR sortant Renaud Muselier, qui avait reçu le renfort de LREM dès le premier tour, a bénéficié pour le deuxième du retrait du candidat écologiste et l'a emporté avaec plus de 57% des suffrages devant le RN Thierry Mariani.

Les présidents sortants sont, eux, confortés, tous réélus dans les treize régions métropolitaines, qu'il s'agisse de la droite et du centre (sept régions) ou de la gauche (cinq régions), qui peut même se targuer de voir la Réunion basculer dans son escarcelle.


Pour LREM, c'est la déroute, le parti présidentiel ayant été absent au premier tour en Paca, éliminé dans les Hauts-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes ou en Occitanie, et n'affichant que de faibles scores là où il est parvenu à concourir.

Mais Emmanuel Macron semble résolu à vite tourner la page pour se projeter dans la campagne de 2022.

- "Match à trois" -

Occupant le terrain économique, il a visité dès lundi matin une usine de batteries électriques à Douai (Nord), notamment en compagnie de... Xavier Bertrand.

"Félicitations et heureux de vous retrouver ici", a lancé le président à M. Bertrand à son arrivée, avant de répondre au président de région fraîchement réélu qui l'interrogeait sur "l'abstention": "Elle dit beaucoup de choses. On aura tous à en tirer les conséquences".

M. Bertrand avait conditionné la concrétisation de ses ambitions présidentielles à sa réélection à la tête de sa région. Pari tenu, avec plus de 52% dimanche après avoir "plié le match" dès le 1er tour.

Dès dimanche soir, il a dit vouloir aller à "la rencontre de tous les Français", alors que pour lui "la présidentielle est désormais un match à trois", le match "à deux" Macron/Le Pen ayant "du plomb dans l'aile".

Et tôt lundi matin, il a appelé la présidente réélue de l'Ile-de-France Valérie Pécresse (Libres!, ex-LR) et son homologue en Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR) à former "une belle équipe" avec lui pour 2022.

Réponse de Valérie Pécresse dans la foulée: "Pour moi tout commence aujourd'hui".

Notant qu'"il n'y a pas d'homme providentiel aujourd'hui", Mme Pécresse (45,9% dimanche contre 33,7% à la liste d'union de la gauche emmenée par l'écologiste Julien Bayou) veut "réfléchir cet été" et "consulter pour la suite" avant de décider d'une éventuelle candidature à la rentrée.

Elle prône d'ici là un travail "collectif" de la droite et du centre "pendant la période estivale" pour "définir ensemble les règles du jeu" qui permettront de choisir un candidat commun pour 2022.

- "Plafond vert" -

Autre prétendant possible à droite pour 2022, Laurent Wauquiez a été réélu haut la main en Auvergne-Rhône-Alpes, avec un score de 55,17% contre 33,65% à la liste d'union de la candidate écologiste Fabienne Grébert.

La droite peut enfin aussi se satisfaire des victoires de Jean Rottner (40,30%) dans le Grand Est et Hervé Morin (44,26%) en Normandie.

Au RN, qui espérait briser le plafond de verre et enclencher une dynamique en vue de la présidentielle, la présidente Marine Le Pen a donné "rendez-vous aux Français, dès demain, pour construire tous ensemble l'alternance dont la France a besoin".

A gauche, requinquée après ces élections, le numéro un du PS Olivier Faure considère que son parti est désormais "la force motrice" pour rassembler la gauche et les écologistes en 2022. 

"La réalité c'est que quand l'accord se réalise (entre écologistes et socialistes, NDLR), il y a un plafond de verre, ou même un plafond vert, ce qui fait que les socialistes sont aujourd'hui les plus crédibles pour conduire ces rassemblements", a-t-il jugé au vu des résultats de dimanche. 

Alain Rousset en Nouvelle-Aquitaine (39,5%), Carole Delga en Occitanie (57,8%), François Bonneau en Centre-Val de Loire (39,15%), Marie-Guite Dufay en Bourgogne-Franche-Comté (42,2%) et Loïg Chesnais-Girard en Bretagne (29,8%) ont tous fini en tête, même si ce dernier n'aura qu'une majorité relative.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.