Les produits bio n'échappent pas à la pollution 

Les produits bio n'échappent pas à la pollution 
le bio représente désormais 5 % des achats alimentaires des Français, avec près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires (illustration).

, publié le mercredi 05 juin 2019 à 07h58

60 Millions de consommateurs met en garde contre les "promesses" de l'agriculture bio. Le magazine a passé au crible 130 produits et pointe un secteur qui n'est pas "sans failles", malgré sa bonne réputation. 

Oeufs, laits céréales, pommes, charcuteries, yaourts...

Ce sont 130 produits alimentaires du quotidien que le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible dans son hors-série de juillet-août consacré au "meilleur du bio". Fort de ses résultats, il met en garde contre les "montagnes de promesses" du secteur qui est "loin d'être sans failles". 

Si la promesse de pommes et bananes sans pesticides est tenue, certains laits et oeufs bio sont eux chargés en polluants cancérigènes. Le magazine a en effet détecté la présence de dioxines, "des molécules issues de rejets industriels, notamment des incinérateurs", note le magazine. Autre découverte, des PCB. Ces produits sont interdits en France depuis 1987, précise le périodique, mais se sont accumulés et persistent dans les sols. "Ils sont cancérogènes et perturbateurs endocriniens pour l'homme".  



Certaines charcuteries contiennent par ailleurs des nitrites de sodium, considérés comme des conservateurs cancérigènes. Outre les polluants, le magazine, édité par l'Institut national de la consommation (INC), pointe plusieurs autres points à améliorer : l'utilisation des engrais et pesticides, l'exploitation intensive, l'impact carbone négatif des fruits hors-saison, le fait que certains fruits et légumes bio soient vendus sous plastique...  

Trop de sucre même en bio 

Il rappelle également que "manger exclusivement bio est une utopie, pour des raisons économiques, mais aussi parce que toutes les denrées ne sont pas disponibles". Autre point important, bio ne veut "pas dire diététique". Nombre de produits sucrés bio peuvent conduire au développement de maladies comme le diabète. 


Déplorant qu'un produit arborant le label AB coûte bien plus cher qu'un produit conventionnel, le magazine dénonce "l'argument marketing de poids" qu'est devenu le précieux sésame.  "A l'heure où les scandales alimentaires s'enchaînent, le logo fait figure de Graal. Pourtant il est loin d'être sans failles", souligne la rédactrice adjointe du magazine, Christelle Pangrazzi, citant plusieurs dérives, comme l'exploitation de travailleurs immigrés dans les champs ou l'utilisation de l'huile de palme, autorisée malgré le fait que sa culture participe à la déforestation.


Bio mais pas toujours éthique 

Or, ajoute-t-elle, "en optant pour le bio, le consommateur devrait avoir la garantie d'acheter responsable d'un point de vue aussi bien nutritionnel qu'écologique ou éthique". Selon les chiffres révélés mardi par l'Agence Bio, le bio représente désormais 5 % des achats alimentaires des Français, avec près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires. 

L'Agence Bio note également le renforcement du poids de la grande distribution, qui commercialise désormais la moitié des produits bio, alors que jusqu'à l'an passé, les commerces spécialisés menaient la danse. La vente directe conserve 12% de parts de marché en 2018 (+12,8 %). Étant donné le poids du secteur côté consommateur, "l'heure n'est plus aux montagnes de promesses, si bio soient-elles", conclut Christelle Pangrazzi.

 

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