Les prix du carburant flambent et c'est parti pour durer

Les prix du carburant flambent et c'est parti pour durer©Pixabay

6Medias, publié le lundi 06 mai 2019 à 12h20

À l'origine du courroux des "gilets jaunes", les tarifs des carburants sont encore plus élevés que cet hiver. La faute au prix du pétrole, et ça risque de durer.

Cette fois, le gouvernement n'y est pour rien.

Les "gilets jaunes" ont fait annuler la mise en place de la taxe carbone cet hiver. Pour autant, les prix des carburants ne se sont pas stabilisés. Ils n'ont jamais été aussi hauts depuis avril 2013 pour le litre de sans-plomb 95 : 1,58 € en moyenne fin avril selon le ministère des Transports. Le diesel s'affiche dans les stations-service à 1,48 € pour le diesel. Une hausse de 10 centimes en 2019, qui le porte tout près de son record historique d'octobre 2018, à l'aube de la crise des "gilets jaunes".

"La hausse n'est pas liée à la fiscalité", se rassure un conseiller de l'exécutif interrogé par Le Parisien, espérant "une plus forte compréhension de la part des Français". Sur un litre de gazole, les deux tiers sont constitués de taxes restées stables et qui ne vont pas baisser, l'État ayant besoin de cette manne de 34 milliards d'euros par an.



Le dernier tiers représente en gros le coût du pétrole qui ne cesse de grimper depuis le début de l'année. Contacté par Le Parisien, Francis Perrin, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), explique que "l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et dix autres pays ont décidé de réduire la production pour faire monter les prix" du baril de pétrole brut.

Dans le même temps, la demande augmente, "tirée par les pays émergents", continue l'expert de l'Iris, qui note plusieurs facteurs aggravants : un euro faible face au dollar, la crise au Venezuela, les sanctions américaines contre l'Iran et les relations tendues entre la Chine et les États-Unis.



Francis Perrin est plutôt pessimiste quant à l'évolution des prix. Les Américains ont beau faire pression sur l'Arabie saoudite pour qu'elle augmente sa production, les décisions à l'Opep sont prises à l'unanimité et l'Iran et le Venezuela ne vont pas arranger l'ennemi américain et nous indirectement. "Les prix risquent de se maintenir à la hausse", conclut-il.

Le gouvernement est conscient de cela et reconnaît, par la voix de sa porte-parole Sibeth Ndiaye lundi matin sur France 2, "avant tout un problème de dépendance à l'énergie fossile du pétrole". "Il n'est pas prévu de mesures d'urgence", a-t-elle prévenu. Par des primes, l'État préfère inciter les Français à changer de voiture pour des véhicules moins gourmands en carburant, voire hybrides, ou carrément électriques.

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