Les policiers en service bientôt contraints de payer leurs places de stationnement ?

Les policiers en service bientôt contraints de payer leurs places de stationnement ?
Une voiture de police à Nantes le 6 janvier 2017.

Orange avec AFP, publié le jeudi 28 décembre 2017 à 20h18

C'est en tout cas ce que craignent les policiers même si voir des agents des forces de l'ordre payer le parcmètre semble surréaliste. Selon Le Figaro, le risque est pourtant bien réel, avec la mise en application dès le 1er janvier de la réforme du stationnement payant.

Désormais confiée aux municipalités, qui pourraient faire appel à des sociétés privées, sous le contrôle d'un juge administratif, la gestion du contrôle des paiements est bouleversée. "Les arrangements qui permettaient aux agents verbalisateurs d'épargner les véhicules de collègues risquent de prendre fin. Même chose pour la contestation des PV qui arrivaient sur le bureau de l'officier du ministère public (OMP), souvent un ancien commissaire, et qui aboutissaient facilement au classement", écrit le Figaro mercredi 27 décembre. Le juge administratif sera l'ultime décisionnaire en matière de "forfait post-stationnement", la nouvelle dénomination du PV.



Si les voitures aux couleurs de la police devraient être épargnées, la crainte concerne les véhicules banalisés. Selon Le Figaro, "le directeur départemental de la police d'Ille-et-Vilaine a demandé à ses fonctionnaires de trouver dorénavant des places non payantes, lors de leurs déplacements professionnels car, avertit-il, le coût des PV ne pourra être pris en charge par le budget de sa direction". L'agent de police devra régler la facture. Faut-il s'attendre à des situations ubuesques telles que des policiers qui se garent sur une place parce qu'elle est gratuite et non parce qu'elle est proche du domicile d'une victime ? "À Rennes, si on doit agir dans le centre où tout est payant, il faudra donc se garer loin", dénonce auprès du Figaro Frédéric Gallet, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance.

LA RAPIDITÉ D'INTERVENTION IMPACTÉE ?

À Paris, une note du même type a également été rédigée par le préfet de police. Pour les policiers de la capitale, le conducteur du véhicule devra, en cas de PV, "justifier du caractère opérationnel de la mission ayant conduit au stationnement irrégulier", précise le haut-fonctionnaire, cité par Le Figaro. Si le juge n'est pas convaincu par les justifications du conducteur, celui-ci devra alors s'acquitter de l'amende. De quoi faire bondir Yvan Assioma, responsable du syndicat Alliance à Paris : "Le policier qui croule sous la paperasse va devoir dire pourquoi il était sur une place de livraison !", s'agace-t-il dans les colonnes du Figaro. Le syndicat a demandé un rendez-vous avec la ville de Paris pour trouver une solution, conclut le Figaro.

Aujourd'hui fixées à 17 euros à l'échelle nationale, les amendes pour stationnement interdit seront fixées par les communes. L'automobiliste qui n'aura pas payé la totalité de son stationnement devra s'acquitter du forfait post-stationnement, dans les municipalités concernées, les plus grandes de France concentrant la majorité des places tarifées.

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