Les pensionnaires des maisons de retraites, grands perdants de la hausse de la CSG ?

Les pensionnaires des maisons de retraites, grands perdants de la hausse de la CSG ?
La maison de retraite de Saint Quirin (Moselle) le 18 octobre 2016.

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 octobre 2017 à 18h04

FISCALITÉ. La hausse de la CSG pour les retraités devrait être compensée par la suppression progressive de la taxe d'habitation.

Or, des centaines de milliers de personnes âgées vivant en maison de retraite ne la payent déjà pas.

C'est l'une des mesures phares du candidat Emmanuel Macron : la suppression des cotisations salariales maladies et chômage pour compenser la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point. Une mesure censée redonner du pouvoir d'achat aux actifs... mais qui va pénaliser notamment les retraités, qui ne bénéficieront logiquement pas de la suppression des cotisations sociales.

Conscient de "l'effort" qui leur est demandé, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a chercher à rassurer les retraités. "Pour le moment ils ne le voient pas, mais nous allons supprimer leur taxe d'habitation et nous allons augmenter le minimum vieillesse"", a-t-il déclaré dimanche 1er octobre, invité du Grand Jury sur RTL/LCI/Le Figaro.

La suppression progressive, sur trois ans, de la taxe d'habitation pour 80% des ménages français est en effet une autre mesure fiscale du gouvernement. Or, la plupart des personnes âgées vivant en maison retraite ne payent de taxe d'habitation, soulève vendredi 6 octobre Le Parisien. "Sur les près de 800.000 personnes âgées en maison de retraite aujourd'hui, environ 600.000 ne paient déjà pas la taxe d'habitation : leurs chambres ne sont pas considérées comme des logements privés car le personnel soignant peut y accéder librement", précise le quotidien.



LE GOUVERNEMENT TRAVAILLE DESSUS

"Tout budget fait des propositions, le rôle des parlementaires est justement d'amender pour s'assurer qu'il n'y a pas d'angles morts. Nous sommes en train de trouver une solution", a néanmoins confié un parlementaire La République en Marche.

De son côté, le ministère des Finances explique que les maisons de retraite payent bien une taxe d'habitation, mais elle est réglée directement par l'établissement et répercutée ensuite sur les factures des résidents. Pour Bercy, c'est donc aux EHPAD de baisser leurs tarifs.

Mais les principaux concernés ne l'entendent pas de cette oreille. "Répercuter une diminution de tarifs n'est pas possible", assure à France 2 Pascal Champvert, directeur de maison de retraite en région parisienne. "Au moment où les établissements vont voir leur nombre de personnels diminuer et voient le nombre d'emplois aidés diminuer, une telle situation est impossible."

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