Les pauvres sont toujours plus pauvres, alerte le Secours catholique

Les pauvres sont toujours plus pauvres, alerte le Secours catholique
Paris, le 14 mars 2015 (illustration).

, publié le jeudi 09 novembre 2017 à 09h03

SOCIAL. La proportion des ménages sans aucune ressource est en augmentation.

Un ménage sur cinq accueilli par le Secours catholique en 2016 est concerné.

Le Secours catholique publie jeudi 9 novembre son bilan annuel et tire la sonnette d'alarme. La situation ne s'améliore pas pour les pauvres, au contraire, elle se dégrade. La proportion des ménages sans aucune ressource en France est en augmentation. En 2016, l'association a accueilli quelque 1,5 million de personnes.

Selon l'Insee, 9 millions de personnes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté en France. La proportion des ménages sans aucune ressource est en augmentation. Un ménage sur cinq accueilli par le Secours catholique en 2016 est concerné. D'une manière générale, avec un revenu mensuel moyen qui a augmenté de seulement trois euros en six ans (passant à 548 euros en 2016, soit largement en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 1.015 euros par mois), et face à une hausse constante du coût de la vie notamment du logement et de l'énergie, les plus pauvres sont de plus en plus pauvres.



LES ENFANTS PAS ÉPARGNÉS

La pauvreté n'épargne pas les plus jeunes. En 2016, le Secours catholique a accueilli 700.000 enfants. "Les enfants sont désormais majoritaires dans nos accueils", souligne le secrétaire général de l'association Bernard Thibaud, qui signale une "précarisation croissante des familles".

La majorité de ces enfants (55%) vivent au sein de familles monoparentales, et 44% d'entre eux sont sous la responsabilité d'un adulte d'origine étrangère. Les enfants vivant avec leurs deux parents sont également touchés : en 2016, les couples avec enfants ont représenté 24,2% des ménages accueillis, soit une augmentation de deux points en cinq ans. "En raison de la précarisation de l'emploi et du chômage de masse, le fait d'être en couple ne protège plus autant de la pauvreté que par le passé", explique M. Thibaud.

VICTIMES DES PRÉJUGÉS

"Ils font des enfants pour toucher des allocs", "ils profitent et ils fraudent", "le travail, si on cherche, on trouve"... Les pauvres sont également la cible de nombreux préjugés. "On dit qu'ils profitent du système mais ils sont nombreux à ne même pas connaître leurs droits", fait valoir le Secours catholique.

Selon l'association, 31% des ménages français ou étrangers éligibles aux allocations familiales n'en touchent pas. Il y a également 40% de non-recours au Revenu de solidarité active (RSA) en 2016, contre 38% en 2015. Selon l'Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), pour le seul RSA, 5,3 milliards d'euros ne sont pas versés à des ayants droit.

Le non-recours à la couverture maladie universelle complémentaire et à l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé représenterait 800 millions d'euros non versés. "Ces pourcentages extrêmement élevés, et préoccupants, battent en brèche les préjugés et idées reçues colportées sur les personnes en situation de précarité. Une partie d'entre elles, importante, n'a pas accès à ses droits; par méconnaissance, par difficulté d'accès à l'administration mais aussi par honte et autocensure", explique le Secours catholique.

Par ailleurs, parmi les personnes accueillis par l'association, 53% sont des étrangers sans statut légal stable, qui n'ont pas le droit de travailler, ni de bénéficier des aides sociales. "Cela met à mal le préjugé selon lequel les étrangers présents sur le sol français viennent en France pour profiter des aides sociales", relève Bernard Thibaud. Selon lui, les préjugés envers les pauvres se sont aggravés au cours des deux dernières années, minant la cohésion sociale.

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