Les nationalistes officiellement au pouvoir de la super-région Corse

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 Gilles Simeoni (g) et Jean-Guy Talamoni, les prochains dirigeants de la super-région Corse, lors du résultats des élections du 10 décembre 2017 dans un bureau de vote à Bastia

Gilles Simeoni (g) et Jean-Guy Talamoni, les prochains dirigeants de la super-région Corse, lors du résultats des élections du 10 décembre 2017 dans un bureau de vote à Bastia

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© AFP, PASCAL POCHARD-CASABIANCA
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AFP, publié le dimanche 31 décembre 2017 à 11h43

Forts du raz-de-marée nationaliste (56,5%) au second tour des élections territoriales, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni vont officiellement prendre mardi le pouvoir de la super-région Corse à Ajaccio, lors d'une cérémonie d'investiture qui pourrait relancer le bras de fer avec Paris.

Avec 41 sièges pour les nationalistes sur 63  à la nouvelle Assemblée de Corse, le suspense est inexistant sur les noms des futurs dirigeants de l'île de Beauté, désormais gérée par une super-région qui efface à la fois l'ancienne Collectivité territoriale de Corse (ex-Région) et les deux Conseils départementaux.

L'installation de cette Collectivité territoriale unique, première du genre en France métropolitaine, doit débuter à 14h00.    

Président sortant de l'Assemblée de la CTC, Talamoni l'indépendantiste devrait être reconduit à la tête de la nouvelle Assemblée. Quant au poste de président du Conseil exécutif, le "mini-gouvernement" de 11 membres qui sera ensuite élu, il ne devrait pas échapper à l'autonomiste Simeoni, déjà à ce poste dans l'ex-collectivité corse.

Légitimé par sa victoire du 10 décembre, face à une droite morcelée et une gauche volatilisée, ce duo aux commandes depuis les élections régionales de décembre 2015 pourrait dès mardi relancer le gouvernement.

- Statut d'autonomie de plein droit -

Car l'objectif affiché des deux hommes est un statut d'autonomie de plein droit pour l'île natale de Napoléon d'ici trois ans, et sa mise en oeuvre effective en dix ans. "L'idée indépendantiste est toujours minoritaire", reconnaissait récemment Jean-Guy Talamoni. 

"Un dialogue ouvert serait déjà une victoire, mais les premiers signes du gouvernement ne sont pas encourageants", tempère André Fazi, maître de conférences en sciences politiques à l'Université de Corse.

"Pas d'invitation formelle" à discuter, pas d'entretien téléphonique avec Jacqueline Gourault, la nouvelle +Madame Corse+, ministre auprès du ministre de l'Intérieur: Gilles Simeoni a stigmatisé le comportement "un petit peu cavalier" du gouvernement.

Mme Gourault a précisé qu'elle se rendrait en Corse "début janvier". Mais les responsables nationalistes seront d'abord reçus par le Premier ministre Edouard Philippe, a-t-elle précisé.

Favorable à une Corse "territoire privilégié" d'expérimentation du "pacte girondin" que souhaite Emmanuel Macron, le chef du gouvernement a cependant largement fermé la porte, le 12 décembre, en appelant au respect du "cadre constitutionnel".

Exit donc la co-officialité de la langue corse, le statut de résident corse qui permettrait de réserver l'achat de biens immobiliers sur l'île aux personnes justifiant de plusieurs années de résidence, et l'amnistie des "prisonniers politiques": les trois principales revendications des nationalistes que ceux-ci pourraient réitérer mardi, en langue corse sans doute.

- 'Condition sine qua non' -

"La langue de la République, c'est le français", a insisté Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Même fin de non recevoir de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet: l'amnistie de ceux que les nationalistes voient comme des "prisonniers politiques" "n'a jamais été envisagée". 

"La difficulté avec le dossier corse, c'est qu'il a une charge politique, symbolique, qui est très forte ; un héritage de la violence qui a touché l'île", explique André Fazi, en évoquant les 4.500 attentats revendiqués par les militants cagoulés du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), et l'assassinat du préfet Claude Erignac, en 1998.

Dès le 13 décembre, le leader autonomiste Gilles Simeoni a répondu à Edouard Philippe, sur BFMTV, pour affirmer que "la Constitution française (devra) être modifiée": "L'inscription de la Corse dans la Constitution est la condition sine qua non".

Un changement de ton clair par rapport à ses propos tenus deux jours plus tôt, quand il niait toute "logique de surenchère et encore moins d'ultimatum".

Le 10 décembre, Jean-Guy Talamoni était encore plus direct: en cas de "déni de démocratie", il pourrait organiser des "manifestations populaires" et "faire le tour des capitales européennes". De quoi entretenir encore un peu plus ce surnom de "Puigdemont corse", du nom du leader séparatiste catalan, que lui attribuent certains.

 
109 commentaires - Les nationalistes officiellement au pouvoir de la super-région Corse
  • je pense que cela ne va pas dans le bons sens et je plains les Corses , ils n'obtiendront pas ce qu'ils demandent et c'est normal .On sent déjà le relent nauséabond des nationalistes , le discours prononcé uniquement en Corse en dit long.La Corse est une région française , la langue y est le français n'en déplaise à ces nationalistes.

  • il a bien fallu apprendre à s'exprimer en Français alors que nous avions une très jolie langue originale qui vit très bien aujourd'hui, il nous était même interdit de parler en cette langue à l'école alors maintenant aux énarques at aux politiciens à apprendre le génois, le basque et le breton,

  • Celui qui veut l'indépendance la prend mais il doit rendre la nationalité Française si il est courageux ?
    Il rentrera en FRANCE avec un visa pas de visa pas 'entrée , ils ne feront pas parti de L'EUROPE , sont ils prêts pour cela.

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    jimmy3  (privé) -

    ce n'est pas un avantage mais un inconvénient d'être dans l'Europe, un exemple la France,nous donnons chaque année 23milliards d'euros a cette europe bidon et elle nous rend en aides diverses et variées que 10milliards d'euros,perte seche pour la pays 13milliards d'euros, bravo, les français avaient raison de dire non a l'europe

  • A ceux qui ont peur de perdre des "territoires"! La France cet état-nation durant son histoire a mis le grappin sur des peuples et des cultures sans se poser la question de leur survie. Il aurait été plus censé ,plus vertueux que la République prenne sous ses ailes ces entités ciblées et connues comme éléments de l'humanité.Le respect des différences étant universel rien n'attaquait l'unicité de cette République. Seul l'état et sa conception centraliste ne veut et ne peut entendre ces demandes d'autonomie, de gestion locale .Et pourtant c'est bien dans l'intérêt de tous surtout au niveau de la culture et là.....la France est foutue:Sur "CNews un Morandini live pour les non stop people."Vive les peuples libres .

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    jimmy3  (privé) -

    la corse est foutue sans la France, quand le port de Marseille est en grève plus rien a manger et les iles c'est pareil

    relisez l'histoire de la Corse, elle était Génoise à l'origine puis française ,puis à nouveau Génoise et est redevenu française par voie référendaire..Ce sont les Corses qui ont choisi alors qu'ils ne viennent pas remettre le couvert .

  • bon en clair la finance va changer de mains c'est l'essentiel non ? bon courage aux plus modestes qui en corse sont très nombreux ils pourront toujours agiter le petit drapeau

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