Les grandes dates de l'affaire Grégory Villemin

Les grandes dates de l'affaire Grégory Villemin
Christine et Jean-Marie Villemin, le 23 octobre 1984 devant une photo de leur fils Grégory, retrouvé mort dans la Vologne.

, publié le samedi 19 décembre 2020 à 07h00

CHRONOLOGIE. L'enquête sur le meurtre non élucidé du petit garçon a été relancée cette semaine, après l'audition de témoins par le nouveau juge d'instruction en charge du dossier et la demande de nouvelles expertises par les parents de l'enfant.

Le meurtre du petit Grégory Villemin, commis il y a 35 ans, reste l'une des plus grandes énigmes criminelles en France

- 16 octobre 1984 : Grégory est retrouvé mort 


Grégory Villemin, 4 ans, disparaît dans l'après-midi, alors qu'il joue dans le jardin de la maison familiale, à Lépanges-sur-Vologne (Vosges). Son corps sans vie est retrouvé dans la soirée dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt un appel téléphonique anonyme revendiquant l'assassinat.




Le lendemain, les parents du petit garçon, Jean-Marie et Christine Villemin, reçoivent la lettre d'un "corbeau" : "J'espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. Pauvre con." Le couple, mais aussi plusieurs membres de la famille, étaient harcelés depuis plusieurs années, par téléphone et par courrier, par au moins un corbeau. 

- 5 novembre 1984 : Bernard Laroche est inculpé

Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie, est inculpé d'assassinat par le juge Jean-Michel Lambert et écroué. Désigné par une expertise graphologique, il a aussi été mis en cause par sa belle-soeur Murielle Bolle qui, lors d'une garde à vue, l'a accusé d'avoir enlevé l'enfant en sa présence. Elle s'est rapidement rétractée. Bernard LAroche est libéré le 4 février 1985. 

- 29 mars 1985 : Jean-Marie Villemin tue son cousin

Jean-Marie Villemin, qui tient Bernard Laroche pour le meurtrier de son fils, le tue d'un coup de fusil devant sa maison. 

- 5 juillet 1985 : Christine Villemin est inculpée 

Christine Villemin, désignée comme possible "corbeau" par des graphologues, est inculpée pour le meurtre de son fils. Elle est écrouée durant quelques jours.

- 3 février 1993 : Christine Villemin est innocentée 

Elle bénéficie d'un non lieu pour "absence totale de charges", une première dans l'histoire de la justice française. Son renvoi aux assises, en décembre 1986, avait été cassé en 1987. 

- 16 décembre 1993 : Jean-Marie Villemin est condamné 

Jean-Marie Villemin est condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche. Il est libéré quelques jours après, ayant purgé l'essentiel de sa peine en détention provisoire, de mars 1985 à décembre 1987.

- 28 juin 2004 : L'Etat condamné à indemniser le couple Villemin 

L'Etat est condamné à verser 35.000 euros à chacun des parents de Grégory pour dysfonctionnement de la justice. Les parents de la petite victime, qui ont "personnellement subi un préjudice", n'ont pas bénéficié des "chances de connaître les circonstances de la mort de leur fils", indique l'arrêt de la cour d'appel. 

- 3 décembre 2008 : nouvelle recherche d'ADN 

La cour d'appel de Dijon, saisie par les époux Villemin, rouvre l'enquête pour une nouvelle recherche d'ADN. Une précédente analyse, en 2000-2001, n'avait rien donné.

Le 24 avril 2013, le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney, présente les derniers résultats, non concluants. Le dossier n'est pas clos, mais d'un point de vue scientifique, "l'espoir" de trouver le coupable "s'éloigne".

- 16 juin 2017 : trois membres de la famille mis en examen 

L'affaire est relancée par des incohérences dans la chronologie des faits, révélées par le logiciel d'analyse criminelle Anacrim. Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés à leur tour d'être les "corbeaux", sont mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" et incarcérés. Ils sont libérés quelques jours plus tard, sous contrôle judiciaire strict.
Murielle Bolle est mise en examen le 29 juin pour "enlèvement suivi de mort" et écrouée jusqu'au 4 août.

- 16 mai 2018 : mises en examen annulées 

Les trois mises en examen de juin 2017 sont annulées pour des raisons de procédure. La défense de Muriel Bolle se pourvoit en cassation car sa garde à vue de novembre 1984 n'a pas été invalidée. 

- 16 janvier 2001 : la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 annulée, pas ses accusations 

La justice annule la garde à vue de Murielle Bolle mais maintient ses déclarations devant les gendarmes et le juge. Placée en garde à vue quelques jours après la découverte du corps de Grégory, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, avait accusé Bernard Laroche d'avoir kidnappé le garçonnet. 




L'adolescente avait ensuite répété ses propos devant le juge d'instruction Jean-Michel Lambert, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes. Aujourd'hui encore, cette volte-face reste au cœur de l'enquête. Murielle Bolle n'a depuis cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche. 

Si elle a invalidé la garde à vue et quelques autres pièces du dossier, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris n'a en revanche pas annulé les déclarations de Murielle Bolle faites auparavant aux gendarmes, ni son interrogatoire ultérieur devant le juge Lambert. 

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