Les Français très attachés aux services publics, selon un collectif

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Des manifestants brandissent une banderole "Le service public, je l'aime, je le défends" le 26 mai 2018, à Marseille
Des manifestants brandissent une banderole "Le service public, je l'aime, je le défends" le 26 mai 2018, à Marseille
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© AFP, BERTRAND LANGLOIS

AFP, publié le samedi 23 juin 2018 à 15h54

Attachement à l'hôpital public, au service public ferroviaire et aux crèches: la Convergence des services publics a rendu publics samedi les premiers résultats d'un questionnaire lancé dans le cadre d'une "contre-offensive" à "l'attaque" du gouvernement.

Ce collectif de défense des services publics, qui rassemble organisations syndicales, associatives et politiques, avait également organisé un "village des services publics", place de la République à Paris, avec la coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité. 

"Non à la casse des services publics", "Sauvons notre hôpital" ... Au milieu des stands sous un soleil radieux, syndicalistes et simples "citoyens" avaient fait le déplacement, comme Jean-Yves et Maurice, venus en car de Saint-Claude dans le Jura avec une trentaine de membres du comité de soutien de leur hôpital.

"L'hôpital est en cours de fermeture, on nous renvoie à Lons-le-Saunier, à 60 kilomètres, en zone de montagne", ont-ils expliqué à l'AFP, vêtus d'habits folkloriques rappelant les blouses blanches des soignants. 

"Touche pas à mon hosto": un autre groupe craignait pour l'avenir de la maternité de Sarlat (Dordogne), et avait confectionné une banderole avec les portraits de nourrissons nés là-bas, espérant qu'ils ne soient "pas les derniers". Remiremont (Vosges), Moûtiers (Savoie) ou encore Juvisy, Longjumeau et Orsay en Essonne avaient également leurs soutiens.

En janvier, le collectif avait lancé un questionnaire pour appuyer sa "contre-offensive" à l'"attaque globale" du gouvernement contre les services publics. Dans le viseur, la suppression de 120.000 fonctionnaires et le transfert envisagé de certaines missions au privé.

Parmi les "réalités sous-estimées" mises en lumière par les quelque 8.000 répondants, le collectif a relevé "l'attachement à l'hôpital public", à un service public ferroviaire et aux crèches, mais aussi "une critique forte des opérateurs de téléphone mobile", selon Bernard Teper, un de ses membres.

Dans les services qui "ne devraient pas être gérés par le privé", sont ainsi cités en premier l'hôpital (99%), le transport ferroviaire de voyageurs (98,8%), la justice, la police, la sécurité sociale ou l'éducation. 

Dans ce cadre, les chiffres concernant la petite enfance (82,2%) et la perte d'autonomie (79,5%) "devraient faire réfléchir" le gouvernement qui veut "maintenir ou élargir la privatisation de ces secteurs", souligne le collectif. La perte d'autonomie est aussi le premier secteur cité pour la création de nouveaux services publics. 

Côté efficacité, les trois services les plus massivement appréciés sont l'hôpital, le transport ferroviaire de voyageurs, et l'éducation et la formation. 

A l'autre bout, les services de télécommunication ne sont jugés efficaces que par 29,7% des répondants, dont plus de la moitié estiment par ailleurs qu'ils ne devraient pas être gérés par le privé.  

L'impression que les services publics "se sont éloignés" de leur domicile est très majoritairement (79,5%) répandue. Une offre qui paraît insuffisante notamment dans la santé, les transports ferroviaires et la Poste.

82% estiment aussi que l'informatisation n'est pas utilisée pour "mieux répondre aux besoins" et 95,4% que la dématérialisation ne remplace pas "efficacement" l'implantation locale des services. 

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