Les femmes de chambre du Park Hyatt Vendôme crient leur "colère"

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Les manifestants devant le Park Hyatt Vendome à Paris le 18 octobre 2018
Les manifestants devant le Park Hyatt Vendome à Paris le 18 octobre 2018
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© AFP, JACQUES DEMARTHON

AFP, publié le jeudi 18 octobre 2018 à 19h36

Au refrain de "femmes de chambre en colère", plus de 200 personnes ont manifesté jeudi à Paris en soutien aux "petites mains" du Park Hyatt Vendôme en grève pour être embauchées directement par l'hôtel, et non plus par un sous-traitant, a constaté un journaliste de l'AFP.

En plus de trois semaines de grève, "on ne nous a jamais convoqués autour d'une table pour discuter", a déploré Nora Khalil, déléguée CGT de l'entreprise sous-traitante de l'hôtel, STN, avant de prévenir que les grévistes iraient "jusqu'au bout".

À l'appel de la fédération CGT du commerce et des services, le cortège parti du piquet devant le palace, rue de la Paix, a rejoint le Hyatt Madeleine, à quelques rues de là pour tenter de déverrouiller une situation "bloquée", de l'avis des grévistes comme de la direction de l'hôtel de luxe.

"Aujourd'hui, ce n'est plus la rue de la Paix: c'est la rue de la guerre sociale", a harangué Claude Levy, du syndicat CGT Hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE), après avoir provoqué les vivats des manifestants en annonçant que des "camarades" avaient "coupé le gaz de l'hôtel".

En tête de cortège, Sylvie Dounga, femme de chambre au Park Hyatt Vendôme "depuis 2007" scandait avec ses collègues: "les femmes de chambre en colère, il y en a marre de la galère".

Après "quatre changements d'entreprise prestataire" en onze ans, elle demande, comme les autres grévistes son "intégration chez Hyatt". "Le palace a beaucoup de moyens, défend-elle. Le premier prix d'une chambre, c'est 1.500 euros et ça va jusqu'à 18.000 euros."

"La situation est à l'heure actuelle bloquée car aucune réunion ne peut être mise en œuvre tant que la CGT privilégiera les troubles à l'ordre public au préjudice de la négociation", avait indiqué le palace dans un communiqué transmis à l'AFP la veille de la manifestation.

Outre leur intégration, les grévistes - près de 75%, selon la CGT-HPE, du personnel du service hébergement (gouvernantes, équipiers, femmes et valets de chambre) - réclament notamment une augmentation pour leurs collègues déjà intégrés et une diminution des cadences.

En fin d'après-midi jeudi, la société STN, désireuse de "retrouver un environnement de travail serein" a indiqué dans un communiqué qu'elle souhaitait une "réunion avec toutes les parties prenantes" afin "d'évoquer les modalités d'une sortie de conflit".

L'entreprise sous-traitante, qui communique pour la première fois depuis le début du mouvement social, assure à ses salariés que "leurs conditions de travail et leurs avantages acquis seront maintenus en toute hypothèse".

Les grévistes avaient affiché leur crainte de "tout perdre" avec la disparition de leurs élus du personnel, les "ordonnances Macron" ayant supprimé le droit pour les salariés de la sous-traitance de se présenter aux élections professionnelles dans l'établissement où ils sont mis à disposition.

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