Les épisodes méditerranéens, des phénomènes violents difficiles à prévoir

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Vue aérienne de Trèbes, près de Carcassone, le 15 octobre 2018
Vue aérienne de Trèbes, près de Carcassone, le 15 octobre 2018
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© AFP, SYLVAIN THOMAS

AFP, publié le lundi 15 octobre 2018 à 18h32

Des orages brefs, localisés et très violents, accompagnés de pluies intenses: les "épisodes méditerranéens" ou "orages cévenols", comme celui qui a provoqué de dramatiques inondations dans l'Aude, restent difficiles à prévoir.

Ces phénomènes, qui se produisent trois à six fois par an en moyenne, se caractérisent par des pluies intenses "qui provoquent des inondations souvent rapides (crues éclairs)", explique Météo-France. "L'équivalent de plusieurs mois de précipitations tombe alors en seulement quelques heures ou quelques jours."

Ils se produisent en général à l'automne, quand la mer Méditerranée est la plus chaude, favorisant une forte évaporation. Ces masses d'air chaud, humide et instable remontent vers le nord.

"En milieu rural comme en zone périurbaine, des vallons secs peuvent se transformer en torrents" et en ville, l'eau peut s'accumuler dans des zones basses, selon des documents du ministère de la Transition écologique. 

Dans le cas des violents orages et des graves inondations dans l'Aude, qui ont fait 11 morts selon un nouveau bilan de la préfecture, on a assisté à la combinaison de deux phénomènes, explique Marc Pontaud, directeur de recherche chez Météo-France: la présence d'un "front nuageux" arrivé par la Bretagne et la tempête "Leslie qui a interagi avec cette longue bande nuageuse" en s'enfonçant dans la Méditerranée.

Résultat, "au lieu de s'évacuer très rapidement, la zone de précipitation a stationné quelques heures, en particulier au-dessus du département de l'Aude", ajoute-t-il.

Depuis 2010, Météo-France étudie de près les épisodes méditerranéens via le programme de recherche international Hymex, mais ils restent difficiles à anticiper. 

Si l'organisme de prévision est capable de prédire qu'un risque menace une zone, "il est impossible de prévoir exactement où ce phénomène va se déclencher localement", souligne le portail d'informations public Géorisques.

- Campagnes de sensibilisation -

Leur fréquence est aussi très aléatoire. Sur la période 1958-2014, "l'année 2014 détient le record maximal du nombre de jours de pluie intense devant 1976, tandis que 2012 fait partie des années les moins affectées", cite à titre d'exemple Météo-France sur son site.

Une des difficultés est que la plupart des modèles climatiques simule l'évolution du climat en se basant sur des zones relativement larges. "Mais à cette échelle, les spécificités du climat ne peuvent pas être correctement représentées", explique l'institut.

De plus, "tout ce qui a trait au cycle hydrologique reste assez incertain dans les simulations de changement climatique des premières décennies du XXIe siècle", indique Météo-France.

Avec une meilleure connaissance des phénomènes d'évaporation en Méditerranée, de ce qui se passe à l'intérieur des nuages, des modèles de prévisions à une échelle plus fine ou encore l'amélioration des statistiques concernant ces phénomènes qui restent exceptionnels, "on a des pistes prometteuses d'importants progrès", espère toutefois Marc Pontaud.

Des tendances à long terme se dessinent sur le bassin méditerranéen avec le changement climatique : "une baisse des précipitations moyennes, visible à partir du milieu du XXIe siècle" et "des épisodes méditerranéens plus fréquents et potentiellement plus intenses à la fin du XXIe siècle".

En 2017, le gouvernement a lancé des campagnes annuelles de sensibilisation pour adopter les bons comportements en cas de pluies intenses: fuir les cours d'eau, ne pas descendre en sous-sol et dans des parkings souterrains, ne pas aller chercher ses enfants à l'école, ne pas prendre sa voiture...

"Il faut installer la culture du risque", expliquait en 2017 Marc Mortureux, alors directeur général de la prévention des risques au ministère de la Transition écologique.

Les 15 départements méditerranéens (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes maritimes, Ardèche, Aveyron, Aude, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Drôme, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales, Var et Vaucluse) sont concernés par ces épisodes.

Pour s'informer, le public peut notamment se référer au site www.vigicrues.gouv.fr, qui scrute 22.000 km de cours d'eau en France.

Le dispositif "Vigicrues Flash", a été mis en place pour les mairies. Les 10.000 communes éligibles en France, peuvent ainsi recevoir - par SMS notamment - des avertissements sur l'arrivée de crues soudaines, plus précis que les habituelles vigilances départementales.

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