Les enseignants de retour à l'école pour une nouvelle rentrée complexe

Les enseignants de retour à l'école pour une nouvelle rentrée complexe
(Photo d'illustration)
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publié le mercredi 01 septembre 2021 à 09h25

Les professeurs effectuent mercredi 1er septembre leur pré-rentrée, avant d'accueillir les élèves jeudi. Un retour marqué par le Covid-19 qui les inquiète. 

A la veille de la rentrée scolaire, les quelques 827.000 enseignants de métropole sont de retour sur les bancs de l'école mercredi 1er septembre.

Une nouvelle rentrée marquée par l'épidémie de Covid-19, à cause de laquelle la rentrée scolaire est repoussée au 13 septembre dans les Antilles, qui se fera avec le port du masque à partir du CP. 



Cette rentrée doit s'opérer sous le régime du scénario 2 (sur quatre) du protocole sanitaire mis en place par le ministère, qui autorise tous les élèves à être accueillis en présentiel. Selon ces règles, un cas de Covid-19 dans une classe en primaire entraîne une fermeture, comme en juin. Au collège et au lycée, en cas de contamination dans une classe, seuls les élèves qui seront cas contacts non vaccinés devront s'isoler une semaine.

"Le niveau 2 est inquiétant"

Un nouveau protocole critiqué par la profession. Pour le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, "le niveau 2 est inquiétant, car il est allégé par rapport à celui du mois de juin", a estimé la secrétaire générale Guislaine David, lors d'une conférence de presse, rapporte LCI. "Avec ce protocole, il y a fort à parier que l'école sera perturbée dès les premières semaines avec une forte circulation du variant Delta". Selon elle, "si on compare cette rentrée à celle de l'an dernier, nous ne sommes pas du tout dans les mêmes taux d'incidence : on enregistre un taux de 128 contre 30 (en 2020) pour les 0-9 ans et un taux de 310 contre 109 pour les 10-19 ans". "Il faut donc reprendre avec des règles strictes en renforçant par exemple la stratégie de tests pour stopper la contamination", a-t-elle insisté. 

Guislaine David s'inquiète également de "l'angle mort" de la cantine. "Il n'y a pas de règles bien définies et assez strictes pour la restauration scolaire alors qu'il va falloir assurer la distanciation physique et éviter le brassage", a-t-elle prévenu. La secrétaire générale a aussi insisté sur le port du masque en extérieur. "Ce point est aussi problématique, car dans ce protocole, les enfants ne portent plus le masque en extérieur, mais on sait qu'il y a des moments de récréation où les élèves se regroupent, ils jouent de façon très rapprochée, davantage que s'ils étaient dans la rue". 

"Très loin de l'idée d'une rentrée normale"

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat dans l'enseignement secondaire, s'inquiète également. Heureuse de retrouver physiquement ses élèves, elle "veut les moyens pour pouvoir bien le faire", a-t-elle martelé sur France Bleu. Malgré la progression de la vaccination chez les 12-17 ans, dont 55% ont reçu au moins une dose, "pour l'instant on est très loin de l'idée d'une rentrée normale", a-t-elle déploré. "Il reste beaucoup de questions : comment va s'organiser la vaccination dans les établissements, comment on va isoler les élèves, qui va contrôler le statut vaccinal des élèves, comment on va gérer les cas contact ? Sur toutes ces questions, on n'a pas de réponse, alors qu'on pose les questions depuis début juillet", s'inquiète-t-elle.

"La promesse du ministre c'est que la vaccination irait jusqu'aux élèves, mais on sait que ça se déploiera de façon différente. Pour l'instant ce n'est pas calé, pas plus que nous ne sommes au clair sur les campagnes de tests, de dépistage du Covid", regrette également auprès de BFMTV, Stéphane Crochet, secrétaire général SE-UNSA. 

Pas de pass sanitaire

Contrairement aux salariés des entreprises qui accueillent du public, le pass sanitaire n'est pas exigé pour les enseignants. Néanmoins, le taux de vaccination est très élevé dans la profession, assure le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, expliquant que 78% des enseignants possèdent déjà un schéma vaccinal complet et que 11% sont en attente de leur deuxième dose. 

En Italie, le pass sanitaire, appelé "pass vert", est obligatoire pour les enseignants. A défaut, et après cinq jours d'absence, ils ne seront plus payés.

 

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