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Les enfants "vecteurs de transmission" du Covid-19 : comment limiter les contaminations à l'école ?

Les enfants "vecteurs de transmission" du Covid-19 : comment limiter les contaminations à l'école ?
Des élèves se lavent les mains dans une école de Toulouse le 1er septembre 2020.

, publié le jeudi 18 février 2021 à 10h30

De nombreuses études vont dans le même sens, les enfants occupent un rôle actif dans la propagation du virus. Le groupe de réflexions Terra Nova formule dans un rapport des propositions pour limiter le phénomène.

 

"Les connaissances scientifiques accumulées depuis près d'un an ne laissent plus aucun doute : les enfants sont des vecteurs de transmission de l'épidémie et l'école est impliquée dans sa diffusion". C'est ainsi que Mélanie Heard, Coordinatrice du pôle Santé de Terra Nova entame sa note de synthèse, publiée mercredi 17 février, pour "une autre stratégie de lutte contre le Covid à l'école" et relayée par Le Parisien. Selon plusieurs études, dont l'enquête française ComCor menée par l'institut Pasteur, "en France, le risque d'être infecté est 30% plus élevé lorsque les enfants sont scolarisés en maternelle, au collège ou au lycée, et 40 % plus élevé si les enfants sont en crèche". Des données confortées par les points hebdomadaires de Santé Publique France qui « révèlent une tendance à la hausse du taux d'incidence chez les 0-9 ans et les 10-19 ans".




Des chiffres sous-estimés par le ministère

Si les conséquences néfastes de la fermeture des écoles ne sont pas négligées, "la stratégie de lutte contre l'épidémie à l'école ne peut consister à faire de l'institution scolaire un sanctuaire sacré justifiant de multiples dérogations aux exigences de prévention et de contrôle qui prévalent dans le reste de la vie sociale et économique", plaide Mélanie Héard. Un discours qui tranche avec celui du gouvernement et plus précisément du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. Alors que le ministre assure que les contaminations sont limitées à l'école du fait du respect du protocole sanitaire, le rapport de Terra Nova estime que "le nombre de cas dépistés ne reflète qu'imparfaitement l'épidémie, puisqu'il dépend d'abord de l'intensité du dépistage, et c'est tout particulièrement le cas chez les enfants, parce qu'ils sont le plus souvent asymptomatiques".



Le Think Tank dénonce "des réflexes de minimisation plus ou moins implicite du risque en milieu scolaire", qui empêche d'intégrer l'école dans la stratégie de lutte contre le virus. "Ce qui m'a interpellée, c'est la persistance d'un discours disant qu'on n'avait pas de certitudes scientifiques sur la contamination dans les écoles, alors qu'il y a une convergence assez claire du discours des épidémiologistes", commente pour Le Parisien Mélanie Heard. 

Les enfants, acteurs de la lutte contre l'épidémie ?

Ce n'est pas seulement affaire de protocole -même si le protocole scolaire actuellement en vigueur devra être sérieusement amendé. C'est aussi affaire de mobilisation de la communauté éducative dans son ensemble. "Reconnaître le rôle de l'école dans la dynamique de l'épidémie, c'est aussi se mettre en situation de donner à l'école le rôle spécifique qu'elle mérite dans l'effort national pour combattre le virus", plaide Mélanie Héard qui veut "sérieusement amender" le protocole sanitaire actuellement en vigueur à l'école mais aussi "permettre aux enfants et adolescents de devenir acteurs de la lutte contre l'épidémie" à l'aide de "kits d'outils siglés (masque, gel), vidéos didactiques courtes, chaîne youtube dédiée, mobilisation des influenceurs, relais sur les réseaux sociaux, quiz ludiques, BD ou jeux, concours de scénarios, appli et site internet dédiés, SMS ou mails de rappels..."



Une politique de dépistage à l'école

Le think tank plaide également pour une véritable "politique de dépistage à l'école". "Une surveillance épidémiologique Covid à l'école reposera sur une stratégie de dépistage déterminée: il ne s'agit pas ici de surveillance passive (remontée spontanée des données) mais bien de surveillance active. Mélanie Héard défend en outre une véritable promotion de l'auto-isolement. "L'auto-isolement (isolement des cas et quarantaine des contacts) des élèves nécessite des moyens dédiés: pour que l'injonction soit respectée, il faut assurer la continuité pédagogique".

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