Les écoles de production, alternative à l'apprentissage, veulent prendre leur essor

Les écoles de production, alternative à l'apprentissage, veulent prendre leur essor

Un apprenti durant un atelier de plomberie en septembre 2014

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AFP, publié le mardi 20 mars 2018 à 16h03

A mi-chemin entre le lycée professionnel et l'apprentissage, les écoles de production proposent à des jeunes de se former à un métier en répondant à de vraies commandes d'entreprises. Encore peu connues, elles espèrent gagner en reconnaissance et accélérer leur développement.

Aujourd'hui, 25 écoles préparent en France plus de 750 élèves de 14 à 18 ans à des CAP, bac pro ou certifications professionnelles.

Leur slogan: "faire pour apprendre". La formule rappelle l'apprentissage mais ici, pas d'alternance : les élèves restent dans l'école où ils apprennent la pratique d'un métier. Ils y fabriquent de vrais produits pour le compte d'entreprises qui leur passent des commandes facturées au prix du marché. 

Les deux tiers du temps sont consacrés à la formation professionnelle et seulement un tiers à l'enseignement théorique. 

"Nos écoles permettent à la fois de lutter contre le décrochage scolaire et le chômage", explique Dominique Hiesse, le président de la fédération qui regroupe ces établissements (la Fnep).

Les jeunes qui y entrent sont souvent en échec scolaire. Et quand une école ouvre, c'est pour répondre à un besoin spécifique de main d'œuvre sur un territoire. 

Avant d'entrer à l'école Gorge-de-Loup à Lyon, spécialisée en mécanique, Valentin, 18 ans, séchait beaucoup les cours. "J'allais à l'école uniquement pour le sport", raconte-t-il. Désormais, il dit avoir "retrouvé le goût du travail". "On nous transmet un vrai savoir-faire et le fait de fabriquer des pièces pour des clients nous oblige à être de toute façon sérieux et appliqué".

Aujourd'hui, ces écoles forment à une dizaine de métiers qui peinent à recruter, comme la menuiserie, l'usinage, la chaudronnerie, la restauration, les métiers du bois, paysagers ou encore le numérique.

- 800 euros par an maximum -

Par exemple à La Roche-sur-Yon (Vendée), l'école des Etablières prépare depuis 2013 une vingtaine de jeunes aux métiers du bâtiment, du paysage et de la restauration collective. "L'idée de l'école est née du constat que de nombreux jeunes décrochaient du lycée agricole de la ville, on cherchait un moyen de les remotiver", explique Bruno Reversé, le directeur de l'école. 

Au même moment, ERDF (filiale d'EDF chargée de la gestion du réseau de distribution d'électricité) cherchait sans succès des prestataires pour élaguer et débroussailler les espaces autour de ses lignes à basse tension. Les deux besoins se sont rencontrés.

Autre exemple à Villeurbanne (Rhône), où l'Eden School, une école digitale et numérique pour les 14-18 ans, a ouvert ses portes en septembre. "Avant, en France, il n'était pas possible de se former au métier de développeur avant le bac, or il y avait une forte demande de jeunes et d'entreprises", indique sa cofondatrice Ségolène de Montgolfier. 

Dans cet établissement, la scolarité d'un élève coûte 15.000 euros par an. Mais les familles déboursent au maximum 800 euros par an dans une école de production. Leur financement repose sur les produits vendus aux entreprises, la taxe d'apprentissage et des subventions (des régions ou du mécénat).

La Fédération souhaite aujourd'hui porter le nombre d'écoles à 100 d'ici 10 ans, ce qui implique d'en créer environ huit par an.

Elle compte notamment sur la réforme en cours de l'apprentissage pour obtenir une reconnaissance qui lui permettrait de stabiliser ses sources de financement. 

Mardi matin, le groupe Total s'est d'ailleurs engagé à leur apporter un soutien financier de 60 millions d'euros sur 10 ans, pour leur permettre d'accélérer leur développement dans tous les départements français. "Ces écoles sont reconnues pour leur succès en termes d'apprentissage et d'insertion professionnelle des jeunes", a déclaré son PDG, Patrick Pouyanné.

Elles revendiquent une insertion professionnelle avoisinant les 100% à l'issue du cursus. Ainsi, Valentin passera son bac pro l'an prochain mais a déjà reçu quatre offres d'emplois avant sa sortie de l'école.

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1 commentaire - Les écoles de production, alternative à l'apprentissage, veulent prendre leur essor
  • j'aimerai ,que les élèves ,qui viennent de cette structure s'exprime, ainsi que les employeurs,mais sous leur identité réel.