Les échanges glaçants des deux terroristes avant l'assassinat du père Jacques Hamel

Les échanges glaçants des deux terroristes avant l'assassinat du père Jacques Hamel
Abdel-Malik Petitjean et Adel Kermiche sont entrés en contact pour la première fois quatre jours seulement avant de passer à l'acte (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le mercredi 26 juillet 2017 à 09h05

Avant de passer à l'acte le 26 juillet 2016, Abdel-Malik Petitjean et Adel Kermiche avaient longuement échangé sur la messagerie Telegram.

Abdel-Malik Petitjean et Adel Kermiche se sont connus virtuellement courant juillet et rencontrés physiquement seulement trois jours avant l'attentat. Ils avaient préparé leur attaque sur la messagerie Telegram.

L'Express a eu accès aux messages que les deux djihadistes ont échangé pendant les quatre jours qui ont précédé l'assassinat du père Jacques Hamel.



Le premier échange privé entre les deux terroristes remonte au 22 juillet 2016. "Frère, si tu as des techniques d'action, n'hésite pas, et/ou des Frères 'déter' [déterminés) inch'Allah", lance ainsi Abdel-Malik Petitjean, 19 ans, qui habite chez sa mère à Aix-les-Bains (Savoie).

"Tu m'as dit que tu es chaud, akhy [frère]. Tu es d'où ?", l'interroge alors Adel Kermiche, assigné à résidence au domicile de ses parents, près de Rouen, en Seine-Maritime et fiché S après avoir tenté de rejoindre la Syrie.

"LE DÉCAPITER ET ENVOYER LA VIDÉO EN MASSE SUR TELEGRAM"

Très vite, les deux hommes décident de se retrouver pour passer à l'attaque ensemble. Abdel-Malik Petitjean décide donc de se rendre à Rouen, en covoiturage, où il doit notamment rencontrer un frère qui a un "très bon plan" mais souhaite "parler en face à face".

"C'est pas forcément le nombre de gens tués qui importe, mais l'impact de l'attaque. Si un avion fonce sur la Tour Eiffel et qu'elle s'écroule, c'est un truc de ouf. On va en parler des années alors qu'il n'y aura aucun mort", confie plus tard Adel Kermiche à son complice.

Les deux hommes se mettent d'accord sur le mode opératoire dans la nuit du 24 au 25 juillet. "On rentre dans l'église [en hurlant Allah akbar], et on sépare les hommes des femmes et des enfants". Ils échafaudent leur plan : "Prendre le chef (prêtre). Le décapiter et envoyer la vidéo en masse sur Telegram. Laisser sortir les femmes et les enfants. Ils vont prévenir la police".

Abdel-Malik Petitjean et Adel Kermiche ne passent finalement à l'attaque que le 26 juillet. La veille, ils ont tenté de rentrer dans l'église mais ont trouvé porte close. "Téléchargez ce qui va suivre et partagez le en masse!", lance Abdel-Malik Petitjean dans son dernier message sur Telegram.

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