Les éboueurs et les égoutiers de Paris entament une grève "reconductible et indéterminée"

Les éboueurs et les égoutiers de Paris entament une grève "reconductible et indéterminée"©JOEL SAGET / AFP

, publié le mercredi 18 novembre 2020 à 11h00

Ils demandent notamment l'amélioration de leurs conditions de travail.

Des combinaisons qui ne sont plus aux normes, des masques absents, des primes supprimées... Pour dénoncer leurs conditions de travail, les éboueurs et égoutiers de Paris ont débuté mardi 17 novembre une grève "reconductible et indéterminée". 



"Il y a une vraie crainte sanitaire.

Nos combinaisons ne sont plus aux normes, comme nos ateliers de maintenance. On vient de découvrir que le système d'aération ne convient plus depuis 11 ans", s'insurge dans Le Parisien Régis Vieceli, délégué CGT pour les éboueurs. Il dénonce également des masques absents et la suppression de la "prime de 35 € par jour travaillé accordé aux salariés durant le premier confinement". "Depuis le début de la crise sanitaire, 397 de nos collègues ont été testés positifs au Covid et 25 d'entre eux ont été hospitalisés. Aujourd'hui, la Ville refuse de nous donner les cas-contact, mais nous soupçonnons qu'ils sont très nombreux", ajoute-t-il.


Ce mouvement de grève affecte "le ramassage des poubelles à environ 50%" dans la capitale, a indiqué la Mairie de Paris mardi. "20% des agents de la propreté et des égoutiers sont aujourd'hui grévistes", a précisé Colombe Brossel, la maire-adjointe chargée de la Propreté de l'espace public. Les services de collecte des déchets "ont pu assurer 50% des sorties dans les arrondissements" a-t-elle assuré. Dans les arrondissements où le ramassage n'a pas été effectué, la mairie assure solliciter "des équipes pour rattraper du mieux que possible (...) ce qu'il reste". 

Les éboueurs et égoutiers de Paris sont entrés en grève à l'appel du syndicat CGT FTDNEEA (Filière traitement des déchets, nettoiement, eau, égouts, assainissement), après un préavis déposé le 5 novembre. Ils réclament notamment la "'remunicipalisation' des missions confiées à des entreprises privées" et l'amélioration de leurs conditions de travail dans un contexte de crise sanitaire. Ils ont manifesté mardi devant la direction de la propreté de Paris. 


Benjamin Raigneau, directeur de la propreté et de l'eau, a assuré "multiplier les espaces de dialogue" avec les organisations syndicales, afin d'aborder notamment "les éléments de prévention dans le contexte de la crise du Covid-19 ou des éléments plus structurants dans le service public de la propreté". Il a toutefois rappelé que les discussions ne pourraient avoir lieu "dans un contexte où la sécurité de nos agents n'est pas garantie", regrettant l'introduction mardi de manifestants avec "des éléments inflammables" sur le toit d'un bâtiment municipal.
 

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