Les consultations médicales non honorées bientôt facturées ?

Les consultations médicales non honorées bientôt facturées ?©Fred TANNEAU / AFP

publié le vendredi 23 septembre 2022 à 17h00

Plus de 28 millions de rendez-vous chez le médecin ne seraient pas honorés chaque année. Un phénomène qui s'est accentué depuis le développement des plateformes de prises de rendez-vous en ligne contre lequel les médecins du syndicat de l’union française pour une médecine libre (UFML) veulent lutter en instaurant une sanction financière et en facturant les consultations manquées.

Les lapins se multiplient et excèdent les médecins.

Selon une enquête de l’union régionale des professionnels de santé d’Île-de-France, il y en a moyenne "deux rendez-vous non honorés par jour et par médecin, soit plus de 28 millions de rendez-vous gâchés par an en France", rapporte Le Parisien vendredi 23 septembre. 



"28 millions de rendez-vous gâchés alors que les passages aux urgences ne cessent d’augmenter avec 22 millions par an ? ! Faites-le calcul, on pourrait prendre en charge des millions de malades qui s’y rendent faute de trouver une place en ville", peste le docteur Vermeersch, l’un des vice-présidents du syndicat de l’union française pour une médecine libre (UFML) dans les colonnes du quotidien. 

"Quand un rendez-vous est bloqué, il est pris à quelqu'un et quand vous regardez la situation sur un plan national, cela équivaut à sortir du soin, en équivalent à temps plein, 4.000 à 8000 médecins par jour, à un moment de notre histoire où les Français ont des difficultés à trouver un médecin", déplore également le président du syndicat, le docteur Jérôme Marty, auprès de TF1. 

Un phénomène, qui touche également les spécialistes, qui se serait accentué depuis le développement des plateformes de prises de rendez-vous en ligne, et que Doctolib assure prendre très au sérieux. La plateforme envisage notamment une campagne de sensibilisation "grand public". 

S'il est aujourd'hui possible pour les soignants de "blacklister" un patient, Doctolib n'est en revanche pas favorable à l'idée de radier définitivement les récidivistes. "Ça entraverait l’universalité de l’accès au soin", estime la plateforme.

Pour l'UFML, il n'y a qu'une seule solution : frapper les patients indélicats au portefeuille. Le syndicat propose que le Code de la santé publique soit modifié pour permettre de facturer ces consultations manquées et réclame des sanctions financières, à hauteur de un, deux à trois euros de pénalité pour une consultation annulée. 


"Tant que les patients ne seront pas punis, ils continueront de s’en ficher royalement", estime en effet le docteur Vermeersch dans Le Parisien. Les sommes récoltées seraient utilisées pour l’installation et l'équipement de maisons médicales.


 

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