Les autorités s'inquiètent de l'état de santé mentale de Salah Abdeslam

Les autorités s'inquiètent de l'état de santé mentale de Salah Abdeslam
Salah Abdeslam est incarcéré à Fleury-Mérogis depuis le 27 avril 2016.

Orange avec AFP, publié le lundi 13 novembre 2017 à 09h26

VIDÉO. Les conditions de détention du seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre ont été légèrement assouplies.

La Chancellerie redouterait que le régime de détention exceptionnel sous lequel il a été placé ne lui fasse perdre la raison.

Incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) depuis le 27 avril 2016, Salah Abdeslam est le détenu le plus surveillé de France. Mis en examen notamment pour assassinats terroristes, il apparaît comme un maillon essentiel dans la préparation et la réalisation des attentats, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés il y a deux ans jour pour jour. Mais plus d'un an et demi après son arrestation à Bruxelles, l'état de santé mentale du jeune homme de 28 ans inquiète fortement les autorités.

Placé à l'isolement et surveillé 24h/24 par des caméras, le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre refuse toujours le dialogue, sinon pour se plaindre de ses conditions de détention, selon BFMTV. "Il est souvent replié sur lui ou occupé à récurer sa cellule, obsédé par la propreté". "Prostré et irritable, (il) tient des propos de plus en plus incohérents", affirme Europe 1.



DES CONDITIONS DE DÉTENTION LÉGÈREMENT ASSOUPLIES MAIS TOUJOURS EXCEPTIONNELLES

Craignant pour sa santé mentale, la justice a décidé d'assouplir très légèrement ses conditions de détention. Un morceau de plexiglas a été enlevé de la fenêtre de sa cellule, afin de laisser passer le bruit de l'extérieur. De même, les visites de ses proches, deux à quatre par mois, notamment de sa mère et de son frère, se font désormais sans grille et hygiaphone (un dispositif perforé et transparent) entre eux. Il s'agit de tout faire "pour empêcher une tentative de suicide", a expliqué la semaine dernière la ministre de la Justice Nicole Belloubet. "Nous avions des craintes pour pouvoir le conduire jusqu'au procès. Or c'est cela qui est important pour la justice et donc dans des conditions de sécurité absolument totale. Il n'est pas question qu'il en soit autrement", a-t-elle encore dit dimanche 12 novembre devant les caméras de BFMTV.

Son régime de détention reste néanmoins exceptionnel : il ne sort à l'air libre que dans une cour qui lui est exclusivement réservée afin de lui empêcher tout contact avec d'autres prisonniers, et est surveillé jour et nuit par six gardiens. Il est le seul prisonnier de France à faire l'objet d'une telle mesure. Quatre cellules lui sont consacrées : la sienne, une de rechange en cas de dégradations, une avec un rameur pour faire de l'exercice et un poste de surveillance. Il peut néanmoins, comme tous les autres détenus, pratiquer sa religion et dispose d'un tapis de prière ainsi que d'un exemplaire du Coran.

ABDESLAM POURRA-T-IL SE RENDRE EN BELGIQUE ?

Salah Abdeslam doit être jugé en Belgique du 18 au 22 décembre pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste sur plusieurs policiers", après la fusillade à Forest, dans l'agglomération bruxelloise, le 15 mars 2016, trois jours avant son arrestation à Molenbeek.

Contre toute attente, il a souhaité comparaître à ce procès et la Belgique a officiellement demandé à la France qu'il lui soit remis pour être jugé dans la capitale belge. La réponse de la cour d'appel de Paris est attendue sous peu et il faudra ensuite, le cas échéant, fixer les conditions et les modalités exactes de ce transfèrement.

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